Cryptomonnaies: La Banque centrale durcit sa lutte

Face à la progression des actifs virtuels, la Banque d’Algérie a imposé aux établissements bancaires et postaux un renforcement drastique de leurs contrôles.
Une instruction récente énonce quatorze indicateurs de suspicion qui doivent déclencher des investigations immédiates, afin de prévenir tout usage des cryptomonnaies dans le cadre des activités financières sur le territoire national.

Un cadre légal d’interdiction renforcé
La circulaire n°06/2025 du 12 novembre 2025, émise par le Comité bancaire sur les actifs virtuels, réaffirme l’interdiction absolue de toute opération liée à ces actifs.
S’appuyant sur la législation algérienne de lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme, cette directive vise à renforcer la conformité des institutions et à garantir l’application stricte des interdictions, tout en tenant compte des évolutions technologiques.
Les actifs virtuels y sont définis comme des valeurs numériques utilisables comme moyen de paiement ou d’investissement, distinctes des monnaies traditionnelles.
Le document souligne leur absence de garantie étatique, leur volatilité et leur potentiel élevé pour les activités illicites.

Quatorze indicateurs pour une vigilance accrue
Les signaux d’alerte, classés en trois catégories, doivent systématiquement donner lieu à un examen.
La surveillance financière cible les virements vers des plateformes d’échange connues, les adresses IP changeantes ou liées au darknet. Les comportements suspects incluent les transactions répétées de petits montants, les mouvements sur des comptes nouvellement ouverts ou inactifs, et les schémas de virement complexes. Enfin, les incohérences client regroupent les opérations disproportionnées par rapport au profil économique, les transferts entre parties sans lien apparent et les dépôts en espèces suivis de virements immédiats. Les institutions doivent mettre en œuvre une surveillance électronique renforcée avec des mots-clés spécifiques, détecter l’usage d’outils d’anonymisation, et actualiser en continu les profils risque. Tout fait suspect doit être signalé sous le secret à la cellule financière dédiée, sous peine de sanctions légales. Ces mesures constituent une étape déterminante pour protéger la stabilité du système financier national contre les risques numériques émergents.

Samira G.