Croissance mondiale: Le FMI rassure, mais les tensions commerciales font planer des incertitudes

La croissance mondiale résiste mieux que prévu aux turbulences commerciales, selon les dernières prévisions du Fonds monétaire international (FMI) publiées hier mardi.
L’institution revoit à la hausse ses estimations pour 2025, avec une progression du PIB mondial attendue à 3,2% contre 3% en juillet, et une stabilité à 3,1% pour 2026.
Cette résilience s’explique par la flexibilité des chaînes d’approvisionnement, les exemptions accordées par les États-Unis dans leurs accords commerciaux, et l’absence de mesures de rétorsion majeures de la part des partenaires commerciaux.
Les droits de douane américains, bien qu’en hausse par rapport à 2024, restent contenus entre 10 et 20% pour la plupart des pays.
Aux États-Unis, la croissance devrait ralentir à 2% cette année, avant de se stabiliser à 2,1% en 2026. Si les mesures budgétaires et l’assouplissement monétaire soutiennent l’activité, l’inflation devrait s’accélérer dès le second semestre 2025, les effets des droits de douane étant désormais répercutés sur les consommateurs.
Le FMI alerte sur l’exubérance technologique liée à l’IA, qui masque un ralentissement global de l’investissement. Les dépenses en équipements et en propriété intellectuelle explosent, mais cette dynamique rappelle à Pierre-Olivier Gourinchas, chef économiste du FMI, la bulle Internet des années 1990. Il prévient qu’un resserrement monétaire pourrait devenir nécessaire si les valorisations boursières continuent de grimper sans fondement économique solide.
La deuxième économie mondiale voit ses prévisions revues à la baisse : 4,8% en 2025, puis 4,2% en 2026. Malgré des mesures d’ajustement, affaiblissement du yuan, réorientation des exportations, soutien budgétaire, le secteur immobilier reste en crise, et la demande de crédit s’essouffle. Le FMI évoque un risque de piège déflationniste et de surendettement, qui pourrait freiner durablement la croissance chinoise. Enfin, le FMI met en garde contre l’aggravation des contraintes budgétaires dans de nombreux pays. La hausse des taux d’intérêt, combinée à des niveaux d’endettement élevés et à des besoins croissants en dépenses publiques (défense, climat, sécurité), pourrait compromettre la stabilité macroéconomique. Les banques centrales, soumises à des pressions politiques pour assouplir leur politique monétaire, risquent de perdre leur crédibilité et d’alimenter l’instabilité financière .
Samira A.