Crimes coloniaux français en Algérie:L’heure des comptes a sonné

Les choses s’accélèrent pour la proposition de loi portant criminalisation du colonialisme français en Algérie. La fatidique date du 21 décembre, soit dimanche prochain, étant proche, les députés sont vite passés au travail de commission.
C’est dans cette optique que 24 heures seulement après la réunion qu’a présidée Ibrahim Boughali, président de l’APN avec les députés porteurs de l’initiative, la Commission de la Défense nationale à la chambre basse du Parlement, a tenu, lundi dernier, une réunion de travail consacrée à l’examen dudit texte de proposition.
Cette dernière «incarne une conscience collective du peuple algérien à travers ses représentants, en phase avec le processus du renouveau du projet national, dans le cadre des choix de l’Algérie victorieuse qui a placé la préservation de la Mémoire nationale au cœur de ses priorités, sous la conduite du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, et avec l’appui des différentes composantes, élites et partis de la Nation», a déclaré dans son intervention le député du Front de libération nationale (FLN), Zouhaier Nasri, M. Hariz, président de la commission.
À cette occasion, le coordinateur de la commission chargée de la rédaction du texte, Fateh Brikat, a également détaillé les motifs de la proposition de loi, expliquant qu’«elle vient en réponse au devoir d’établissement de la justice historique et de préservation de la Mémoire nationale, en hommage aux âmes des martyrs tombés au champ d’honneur pour libérer l’Algérie du joug du colonialisme français et en reconnaissance de leurs sacrifices».
D’après les premières «révélations» sur son contenu, le texte renferme 5 chapitres comportant 27 articles, «axés sur la définition des objectifs de la proposition, la délimitation des crimes du colonialisme français en Algérie, les dispositions juridiques relatives à la responsabilité de l’état français quant à son passé colonial, les mécanismes de revendication de la reconnaissance et des excuses officielles pour ces crimes, ainsi que l’adoption de dispositions pénales criminalisant la glorification ou la promotion du colonialisme».
À titre d’exemple, l’article 3 considère que «le colonialisme français en Algérie constitue un crime d’État qui viole les principes et les valeurs humains, politiques, économiques et culturels consacrés dans les lois, les conventions et les usages internationaux». De quoi condamner ouvertement la France devant l’opinion mondiale et le droit international. Mais, pas que !
Avec l’adoption de cette loi, l’Algérie à travers son peuple représenté par les députés formule une demande d’excuses à la France officielle pour ses crimes commis durant 132 ans de colonisation.
Là, c’est toute la donne qui change dans les relations algéro-françaises dans un cotexte de tension entre les deux pays. Désormais, les politiques français sauront que les algériens n’ont pas déchiré la page des atrocités de l’époque coloniale, pour regarder vers l’avenir, mais ont juste tournée la page sans l’oublier en attendant que les dossiers soient classifiés un par un. Maintenant qu’en France, les voix de l’extrême droite qui glorifient ce que la France aurait fait en Algérie, prennent de plus en plus le dessus sur l’opinion, il est temps en de revenir à la page qu’on avait tourné pour s’arrêter à chaque séquence accompagnée de sang d’algériennes et d’algériens. C’est l’heure des comptes qui a sonné.
Farid B.