Corruption: Huit ans de prison ferme pour Abdelkader Khomri

Le pôle pénal économique et financier du tribunal de Sidi M’hamed a rendu, hier, son verdict dans l’affaire de l’ancien ministre de la Jeunesse, Abdelkader Khomri et de près de 70 autres prévenus jugés pour des chefs d’inculpation liés à la corruption. Poursuivi pour abus de fonction, dilapidation de deniers publics et octroi d’indus avantages, Abdelkader Khomri a été condamné à une peine de huit ans de prison ferme, assortie d’une amende de 1 millions de dinars. Il doit payer, en outre, une somme de 100 millions de dinars au Trésor public à titre de dédommagement. C’est la peine la plus lourde prononcée dans cette affaire. L’ancien PDG de l’ANEP, Ahmed Boucenna, a écopé d’une peine de deux ans de prison ferme et d’une amende de 500 000 DA. La même peine a été prononcée à l’encontre de Lezhari Labter, écrivain, ancien responsable de l’édition de l’agence publique. Le tribunal a condamné Mohamed Khemissi, ancien responsable de l’’Agence nationale des loisirs de la jeunesse (ANALJ) à cinq ans de prison ferme, assortie d’une amende de 1 millions de dinars. Des peines allant de 18 mois à 4 ans de prison ferme ont été retenues contre de nombreux autres prévenus, alors qu’une vingtaine d’autres ont été acquittés de toutes les charges. Par ailleurs, le juge a condamné les sociétés poursuivis pour corruption à des amendes allant de 2 à 5 millions de dinars chacune, cela en plus de forts dédommagements au Trésor public, allant jusqu’à 100 millions de DA pour certaines d’entre elle. Le procès a été ouvert le 30 avril. L’affaire est scindée en deux volets : celle de l’ANEP qui concerne le plan de restructuration de l’agence en 1999 et celle de l’ANALJ, concernant l’organisation d’un festival de la jeunesse en 2015, qui avait coûté 600 milliards de centimes à l’Etat. Pour le représentant du ministère public, l’affaire de l’Analj, qui repose, a-t-il précisé, «sur l’expertise judiciaire de l’inspection des finances, de la Cour des comptes et des audits», a révélé de «graves dilapidations de deniers publics et de lourdes violations de la procédure des passations de marchés». Il a ajouté que «le plan de restructuration de l’Anep et le partenariat entrepris par les dirigeants de l’agence ont été un échec et engendré des pertes importantes».
Des faits pour lesquels il a réclamé une peine de 10 ans de prison ferme contre l’ancien ministre Abdelkader Khomriet l’ex-directeur général de l’Analj Mohamed Khemissi, une autre de 8 ans de prison contre Rachid Rezkane, ancien directeur de l’Analj, et Menouba Faidi, directrice générale des sports au ministère de la Jeunesse et des Sports. Les prévenus ont un délai de 10 jours pour faire appel de ce jugement en première instance .

Fateh H.

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