L’économie américaine donne des signes de faiblesse bien plus marqués que ne le laissent penser les marchés. En déplacement à New York, le contraste avec les années post-Covid est frappant. La ville, habituellement vibrante, semble en déclin : Little Italy et Chinatown sont désertes, Broadway tourne au ralenti, et les touristes européens se font rares. Le boycott en cours, notamment depuis l’Europe et le Canada, se traduit par une chute significative du trafic aérien et des réservations, avec un manque à gagner estimé à plus de 8 milliards de dollars pour le secteur touristique.Cette désaffection s’inscrit dans une détérioration plus large de l’image des États-Unis à l’international, et la tendance pourrait empirer cet été.Sur le terrain, l’impact de l’inflation est évident. Les Américains modifient leurs habitudes de consommation, se tournant massivement vers les enseignes à bas prix. Plus préoccupant encore : près d’un consommateur sur deux utilise désormais le crédit « Achetez maintenant, payez plus tard » (BNPL), même pour des achats essentiels comme la nourriture. Chez les jeunes, cette dépendance au crédit est encore plus marquée, et les regrets sont nombreux. La politique monétaire, toujours restrictive, peine à se traduire par une réelle contraction de la masse monétaire. Les marchés sont encore soutenus par des poches de liquidité, mais la situation pourrait rapidement basculer si la contraction devient effective.Le déficit budgétaire reste élevé et sensible à la moindre révision de croissance. Un ralentissement ou une récession porterait rapidement le déficit à plus de 7 % du PIB. Dans ce contexte incertain, l’or et l’argent retrouvent leur statut de valeurs refuge. La Chine accélère ses importations de métal précieux, traduisant une défiance croissante envers le dollar.
Les livraisons physiques atteignent des sommets sur les marchés mondiaux, notamment à Shanghai et au COMEX, signalant un retour vers les actifs tangibles. L’économie américaine avance donc sur une ligne de crête : soutenue artificiellement par la liquidité résiduelle, mais exposée à un retournement brutal si les tensions monétaires, budgétaires et sociales s’intensifient .
Farid.H.

