La question des essais nucléaires français dans le désert algérien continue de faire l’actualité, plus de 60 ans après leur exécution, face au déni de la France qui refuse toujours d’assumer ses responsabilités.
Après le mensonge commis par la ministre française déléguée aux Armées et aux Anciens combattants, concernant la gestion de ce dossier, c’est au tour de Jean-Marie Collin, directeur d’ICAN France, campagne internationale pour l’abolition des armes nucléaires, d’interpeller Paris, lui demandant d’assumer ses responsabilités historiques.
«On savait que la France avait laissé des déchets nucléaires au Sahara : du matériel contaminé volontairement, tel que des tanks, des camions ou des morceaux de bateaux exposés à la force de l’explosion, et du matériel contaminé involontairement, comme des infrastructures, des câbles ou des installations contaminées par des substances radioactives», a-t-il dit, dans une interview accordée à un journal algérien.
Pour lui, la grande question est de savoir si ce matériel y est toujours. Il estime que cette question doit être clarifié par l’état français, qui sait ce qu’il a emmené, le nombre d’avions découpés, de chars utilisés. «On ne comprend pas pourquoi la France résiste depuis tant d’années à livrer ces informations», regrette-il.
Le directeur d’ICAN France affirme que sans les cartes des zones d’enfouissement, ni un inventaire complet, les autorités algériennes ne peuvent ni déterrer et sécuriser ce matériel, ni sécuriser les tranchées et les zones concernées.
Il a appelé Paris à jouer la transparence et à livrer toutes les informations relatives aux essais et explosions nucléaires.
Ces déclarations interviennent au lendemain d’un mensonge lancé par les autorités françaises.
Interpellé par la députée écologiste Sabrina Sebaihi sur les essais nucléaires effectués par la France en Algérie, le gouvernement français a répondu en recourant à la contre vérité.
Lors d’un débat au sein de l’Assemblée nationale en France, la ministre déléguée aux Armées et aux Anciens combattants, a indiqué que les installations ont été démantelées et les sites rétrocédés aux autorités algériennes, conformément aux accords d’Évian.
L’Algérie et la France traitent ce sujet «au plus haut niveau», a assuré la ministre déléguée, soulignant que lors de sa visite en Algérie en 2022, Emmanuel Macron a remis au président algérien Abdelmadjid Tebboune «un dossier réunissant toutes les cartes et informations dont la France dispose concernant les déchets enfouis et les zones marquées radiologiquement».
Cette affirmation a soulevé de nombreuses interrogations. Mais une source algérienne proche du dossier avait catégoriquement démenti la remise des cartes par M. Macron.
Fateh H.
Conséquences des essais nucléaires en Algérie : Paris de nouveau interpellée
