Cancer du sein : Un nouveau C.E.S. pour former les médecins des urgences

Chaque année, des milliers d’Algériennes apprennent qu’elles ont un cancer du sein. Pour mieux les accompagner, le ministère de la Santé vient d’ouvrir une nouvelle voie de formation.
Un certificat d’études spécialisées (C.E.S.) en sénologie et pathologie mammaire sera proposé aux médecins généralistes qui exercent dans les services des urgences des établissements publics de santé.

L’enjeu est de taille. Le cancer du sein reste le plus fréquent chez la femme en Algérie, avec plus de 14 110 nouveaux cas recensés en 2024, soit 41% de l’ensemble des nouveaux cas de cancers féminins. Il est aussi la première cause de décès par cancer chez les Algériennes, avec près de 4 893 décès estimés.
Lancé par la Direction de la formation, par une instruction datée du 13 septembre 2026, l’appel à candidatures s’adresse aux titulaires du diplôme de docteur en médecine.

La formation s’étale sur deux semestres et sera assurée par la faculté de médecine de Constantine, celle d’Oran et l’Université des sciences de la santé d’Alger.
La sélection reposera sur plusieurs critères, dont le lieu d’exercice, l’adéquation de l’activité professionnelle avec la spécialité, le nombre d’années passées dans le service, l’expérience générale et l’appréciation du responsable hiérarchique, notée sur 20. Les candidats doivent déposer leur dossier, accompagné d’une lettre d’opportunité, auprès du directeur de leur établissement, qui le transmettra à la Direction de la santé et de la population de la wilaya.

Une commission ministérielle départagera ensuite les postulants. La date limite est fixée au 29 octobre 2026.
À travers cette démarche, le département de la Santé veut renforcer les compétences des praticiens de première ligne, pour qu’ils repèrent plus facilement les cas nécessitant des explorations complémentaires et orientent les patientes vers les structures spécialisées.

Le diagnostic précoce joue en effet un rôle décisif, puisque le stade de découverte de la maladie conditionne les options thérapeutiques et les chances de survie. Selon le type de tumeur et son étendue, la prise en charge peut associer chirurgie, radiothérapie et traite ments médicamenteux. Cet effort de formation s’accompagne d’un renforcement des moyens. En février 2026, le ministère a annoncé l’extension du réseau national avec 25 services de radiothérapie.

Le Centre anti-cancer Chahid Mohamed-Rezzoug de Laghouat vient notamment d’inaugurer un service doté de trois accélérateurs linéaires de dernière génération.
Côté dépistage, deux cliniques mobiles équipées de matériel moderne sillonnent plusieurs wilayas depuis octobre 2025 pour rapprocher les campagnes des femmes.

A. G.