Depuis le début du conflit au Soudan, la situation humanitaire ne cesse de se détériorer. En effet, l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) a annoncé qu’au moins 385 personnes ont été déplacées en seulement deux jours dans l’État du Kordofan du Sud, en raison des affrontements opposant l’armée soudanaise aux Forces de soutien rapide (FSR). Selon l’OIM, ces déplacements ont concerné les villes de Kadugli et d’Al-Dilling ainsi que plusieurs villages de la localité d’Habila.
Par ailleurs, l’organisation avait déjà signalé que 2 245 personnes avaient été déplacées en mai dernier à cause de l’aggravation de l’insécurité. De plus, les statistiques publiées en février dernier indiquent que plus de 132.000 personnes ont été déplacées dans les trois États du Kordofan depuis octobre 2025.
En outre, les États du Kordofan, la région du Darfour et la zone du Nil Bleu continuent d’être le théâtre de violents affrontements. Depuis le 15 avril 2023, le conflit entre l’armée et les FSR a causé des milliers de morts et contraint des millions de personnes à fuir leurs foyers.
Cependant, malgré les difficultés liées au manque de financement, aux contraintes d’accès et à l’insécurité persistante, les Nations Unies et leurs partenaires poursuivent leurs efforts humanitaires à travers le pays.
Ainsi, au cours du mois d’avril, plus de trois millions de personnes ont bénéficié d’une aide alimentaire, dont près de 800 000 vivant dans des zones touchées ou menacées par la famine.
Par ailleurs, dans l’État du Darfour-Nord, le Programme alimentaire mondial (PAM) et ses partenaires ont apporté une assistance alimentaire et nutritionnelle d’urgence à plus de 450 000 personnes dans la localité de Tawila, qui accueille un grand nombre de déplacés internes.
Néanmoins, la situation sécuritaire demeure extrêmement préoccupante.
En effet, le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA) a exprimé sa profonde inquiétude face à l’escalade des violences intercommunautaires dans certaines régions du Darfour. Au cours du week-end, des affrontements dans plusieurs villages du Darfour central et occidental auraient fait au moins 30 morts. De surcroît, les violences se sont étendues à d’autres localités, malgré les efforts de médiation entrepris par les autorités locales.
Parallèlement, les frappes de drones continuent de frapper la région. Ainsi, des attaques auraient visé la ville de Kabum, dans l’État du Darfour-Sud, ainsi que plusieurs quartiers de Nyala, capitale de l’État.
Face à cette situation, l’OCHA appelle une nouvelle fois toutes les parties au conflit à respecter le droit international humanitaire, à protéger les civils ainsi que les infrastructures civiles et à garantir un accès rapide, sûr et sans entrave à l’aide humanitaire.
Enfin, les contributions au Fonds central d’intervention d’urgence des Nations Unies demeurent essentielles pour permettre aux agences onusiennes et aux organisations humanitaires de poursuivre leur assistance aux populations soudanaises en détresse.
Malik M.
Conflit au Soudan: Plus de 380 personnes déplacées en deux jours

