Commerce extérieur: L’Algérie maintient le cap de la diversification

Les derniers rapports publiés par l’Office national des statistiques (ONS) début août 2025 offrent une lecture nuancée mais encourageante de l’évolution du commerce extérieur algérien. Malgré un contexte international marqué par la volatilité des prix et les tensions géopolitiques, l’Algérie poursuit ses efforts de diversification économique, avec des résultats qui, bien que contrastés, témoignent d’une dynamique de transformation en cours.
Sur l’année 2024, les exportations algériennes ont atteint 6 542 milliards de dinars, soit près de 48,82 milliards de dollars, contre 7 468,5 milliards en 2023. Cette baisse de 12,4 % s’explique principalement par le recul des prix des hydrocarbures, moteur traditionnel des exportations nationales.
Toutefois, cette contraction ne doit pas occulter les progrès réalisés dans les secteurs hors-hydrocarbures, qui continuent de gagner en maturité et en compétitivité.Le premier trimestre 2025 confirme cette tendance. Les exportations hors-hydrocarbures ont atteint 116,9 milliards de dinars (885 millions de dollars), en légère baisse par rapport à la même période en 2024. Mais cette baisse s’inscrit dans un contexte global de repli des volumes exportés et de pression sur les prix internationaux. Fait notable : les prix des produits hors-hydrocarbures ont progressé de 5,8 %, traduisant une amélioration qualitative de l’offre algérienne sur les marchés extérieurs.Les produits exportés sont de plus en plus diversifiés : produits alimentaires, matières brutes, huiles végétales, produits chimiques, articles manufacturés, machines et équipements de transport. Cette variété témoigne d’un tissu industriel en expansion, capable de répondre aux exigences des marchés internationaux.
Certes, la balance commerciale a enregistré un déficit de 269,3 milliards de dinars au premier trimestre 2025, rompant avec l’excédent observé à la même période en 2024. Mais ce déficit s’explique aussi par une forte hausse des importations, notamment en équipements et intrants industriels, ce qui peut être interprété comme un signe de relance productive.
Le taux de couverture des importations par les exportations est passé de 107,6% à 84,9%, mais les termes de l’échange se sont améliorés, atteignant 133 % contre 129 % un an plus tôt, ce qui indique une valorisation relative des exportations algériennes. L’Algérie ne subit pas passivement les fluctuations du marché mondial. Elle ajuste ses politiques, modernise ses outils de production, et renforce ses capacités d’exportation hors hydrocarbures.
Ce mouvement, bien qu’encore fragile, est porteur d’avenir. Il traduit une volonté politique claire : sortir de la dépendance aux énergies fossiles et bâtir une économie plus résiliente, plus compétitive et plus intégrée dans les chaînes de valeur mondiales. Dans un environnement international incertain, l’Algérie avance avec lucidité et ambition. Les chiffres du commerce extérieur ne sont pas seulement des indicateurs économiques : ils sont le reflet d’une stratégie nationale qui mise sur la diversification, l’innovation et l’ouverture maîtrisée. Et si les défis sont nombreux, les fondations d’un modèle plus équilibré sont bel et bien en train de se consolider .

Fateh H.