Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme (HCDH) a récemment mis à jour sa base de données recensant les entreprises impliquées dans le développement des colonies illégales israéliennes dans les territoires palestiniens occupés. Ce rapport identifie 158 sociétés, principalement israéliennes, mais souligne également la responsabilité de multinationales occidentales qui, malgré leurs discours sur les droits humains, contribuent à renforcer le système colonial et génocidaire imposé au peuple palestinien. Parmi les entreprises incriminées, deux sociétés françaises attirent particulièrement l’attention. Le groupe Egis, à travers sa filiale Egis Rail, est directement engagé dans la construction d’un tramway reliant Al-Qods occupée aux colonies illégales de Cisjordanie. Ce projet facilite l’annexion et la spoliation des terres palestiniennes.
Carrefour, quant à elle, fait l’objet de critiques d’une large coalition internationale d’ONG dans le cadre de la campagne «Stop au commerce avec les colonies». L’enseigne a signé des accords de franchise permettant l’ouverture de magasins dans plusieurs colonies illégales, renforçant ainsi son association avec des acteurs clés de l’expansion coloniale.
Face à cette complicité économique et politique, la rapporteuse spéciale de l’ONU, Francesca Albanese, a rappelé que le boycott constitue un levier essentiel pour les peuples. Elle a souligné l’importance des choix de consommation individuels pour ne pas soutenir les crimes de l’entité sioniste et pour contribuer à son isolement. Le message est limpide : mettre fin à la normalisation économique avec un régime d’apartheid est crucial pour progresser vers la justice.
De son côté, Sira Rego, ministre espagnole de la Jeunesse et de l’Enfance d’origine palestinienne, a dénoncé la timidité des gouvernements européens. Elle a affirmé que la reconnaissance symbolique de l’État de Palestine, bien que significative, ne suffit plus face à l’anéantissement en cours à Ghaza, où plus de 65 000 Palestiniens ont été tués par l’armée israélienne depuis octobre 2023. Rego appelle à des mesures ambitieuses telles que des sanctions économiques, un isolement diplomatique total et la suspension immédiate de l’accord d’association entre l’Union européenne
et Israël. Elle a critiqué l’UE pour sa lenteur à réagir face à des massacres dépassant tout seuil acceptable, révélant la soumission des institutions européennes aux diktats de Washington et de Tel-Aviv.
Ce rapport de l’ONU, soutenu par les appels d’Albanese et de Sira Rego, met en lumière que le système colonial et génocidaire en Palestine ne repose pas uniquement sur la force militaire, mais aussi sur le soutien économique et logistique de multinationales et de gouvernements complices .
S. G.
Colonies Illégales: Les multinationales en ligne de mire dans le rapport de l’ONU

