Dans un rapport intitulé «Le projet d’effacement», l’ONG israelienne B’Tselem accuse l’entité sioniste d’accélérer depuis fin 2022, et plus intensément encore depuis octobre 2023, une politique systématique visant à éliminer la présence palestinienne en Cisjordanie.
S’appuyant sur plus de 2 000 témoignages récents et trois décennies de documentation, le document démontre que les violations observées ne relèvent pas d’événements isolés, mais d’un système intégré de colonisation et d’oppression.
Ce «projet d’effacement» repose sur cinq piliers interdépendants : la violence et la terreur des colons, les restrictions draconiennes de circulation, l’asphyxie économique, la destruction politique et sociale, ainsi que le nettoyage ethnique et l’appropriation des terres.
Conjuguées, ces pratiques visent à rendre impossible l’existence des Palestiniens en tant qu’individus, communautés et groupe politique, tout en réorganisant l’espace au profit de l’expansion coloniale.
B’Tselem pointe l’accélération de cette politique sous l’impulsion du gouvernement actuel et du plan ministériel de Bezalel Smotrich, qui délègue des pouvoirs accrus aux partisans de l’annexion.
Sur le plan juridique, l’organisation qualifie ce régime d’«apartheid», soulignant qu’il perpétue la suprématie juive et l’oppression systématique par le contrôle des ressources et des droits, ce qui peut constituer des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité au regard du droit international.
En conclusion, le rapport rejette l’idée de réformes partielles ou de mesures cosmétiques, affirmant qu’elles sont inefficaces face aux structures sous-jacentes.
B’Tselem appelle à la fin totale du contrôle militaire et du système d’apartheid, ainsi qu’à la garantie de l’égalité des droits pour l’ensemble des habitants.
M. M.
Cisjordanie : B’Tselem accuse les sionistes d’un «projet d’effacement» systématique
