Cinéma, mémoire et fraternité en lumière: Le Vietnam à l’honneur au Festival Imedghassen

Du 10 au 16 septembre prochain, la ville de Batna vibrera au rythme du 7e art à l’occasion de la 5ᵉ édition du Festival international du film Imedghassen, qui place cette année le Vietnam à l’honneur. Ce choix n’est pas anodin : il célèbre une amitié historique, une mémoire partagée et une volonté commune de faire du cinéma un vecteur de dialogue entre les peuples. Parmi les œuvres phares de cette édition, le film historique Fleur de Lotus / Bông Seng (1998), réalisé par Amar Laskri et Trân Dac, sera projeté en hommage à la coopération cinématographique algéro-vietnamienne. Cette coproduction, portée par les plumes d’Amar Laskri, Trân Kim Than et Trân Dac, met en scène l’acteur algérien Niddal El-Mellouhi et l’actrice vietnamienne N’guyen An Chinh.
À travers une narration poignante, le film tisse un parallèle entre les luttes de libération des deux nations contre le colonialisme français, soulignant les convergences historiques et les solidarités militantes qui ont marqué le XXe siècle. Le public algérien aura l’opportunité de découvrir une sélection riche et variée de films vietnamiens : classiques restaurés, œuvres primées et productions contemporaines qui témoignent de la vitalité et de la diversité du cinéma vietnamien. Des projections seront suivies de rencontres et de débats, permettant aux spectateurs d’échanger avec des cinéastes, critiques et spécialistes du cinéma asiatique. Cette édition met également en lumière une nouvelle génération de réalisateurs vietnamiens qui s’imposent sur la scène internationale. Tran Anh Hung, auteur de L’odeur de la papaye verte, lauréat de la Caméra d’or à Cannes en 1993, et Pham Thien An, distingué en 2023 pour Inside the Yellow Cocoon Shell, incarnent un cinéma à la fois ouvert sur le monde et enraciné dans son identité culturelle.
Leurs œuvres traduisent une sensibilité esthétique singulière, une profondeur narrative et une capacité à interroger les mémoires collectives. Mais le Festival Imedghassen ne se limite pas aux projections.
Il se veut un véritable carrefour culturel, un espace de réflexion et de transmission. Des conférences seront animées par des figures majeures de la littérature algérienne, telles que Waciny Laredj et Amin Zaoui, qui apporteront leur regard sur les liens entre cinéma, écriture et mémoire.
Une journée d’étude sera consacrée au monument Imedghassen, joyau patrimonial de la région, pour inscrire le festival dans une dynamique de valorisation du territoire et de son héritage.
Des hommages seront également rendus à des personnalités du monde arabe et maghrébin du cinéma et de la culture : le Syrien Haddad Salloum, le Tunisien Salah Jday et l’actrice algérienne Malika Belbey, salués pour leur contribution à l’enrichissement du paysage artistique régional.
En mettant à l’honneur le Vietnam, pays frère et partenaire historique, le Festival international du film Imedghassen dépasse le cadre strictement cinématographique. Il devient une scène où s’expriment les mémoires croisées, les solidarités culturelles et les aspirations communes à la dignité, à la liberté et à la création. Une célébration de l’art comme langage universel, capable de relier les peuples au-delà des frontières et des époques .
Amina S