Cinéma: La longueur des films, une question de perception ?

L’annonce par James Cameron d’une durée de 3h15 pour Avatar 3 a relancé le débat sur la longueur croissante des films. The Batman (2h56), Babylon (3h09) ou encore Beau is Afraid (2h59) : ces sorties récentes semblent confirmer une tendance au rallongement qui met notre vessie à l’épreuve.
Sur les réseaux sociaux, certains spectateurs s’interrogent : «Mais qu’est-ce qu’ils vont raconter en 3h15 ?» s’exclame un utilisateur de TikTok. Pourtant, cette impression pourrait bien être trompeuse.

Une stabilité surprenante depuis un siècle
Contrairement aux apparences, la durée moyenne des longs-métrages n’a pratiquement pas évolué depuis les années 1920, se maintenant autour d’1h50 selon les données du Monde. Des films emblématiques comme Lawrence d’Arabie, Autant en emporte le vent ou Titanic duraient déjà plus de trois heures. La différence réside peut-être dans la visibilité accrue des blockbusters contemporains. Comme l’explique Mélanie Toubeau de la chaîne «La manie du cinéma», les productions Marvel ou les sagas comme Harry Potter, souvent longues, bénéficient d’une exposition massive et de durées d’exploitation étendues, donnant l’impression d’une généralisation des films interminables.

Notre patience mise à l’épreuve par le streaming
Le véritable changement se situe peut-être dans nos habitudes de consommation. Le streaming nous a habitués à zapper, mettre sur pause ou regarder en accéléré. Face à un film de trois heures nécessitant une attention soutenue, notre patience moderne est mise à rude épreuve. Le temps passé sans consulter son téléphone peut sembler une éternité. Certains spécialistes suggèrent que le cinéma pourrait s’adapter en réhabilitant l’entracte, une solution qui permettrait de concilier ambitions artistiques et confort du spectateur. Finalement, les films ne seraient pas vraiment plus longs – c’est nous qui serions devenus moins patients .
A. S.