Avec 60 % des voix, Jeannette Jara a écrasé la primaire de la coalition de gauche au Chili, s’imposant comme la grande favorite pour l’élection présidentielle du 16 novembre prochain. Issue des quartiers populaires du nord de Santiago, cette ex-avocate de 51 ans, militante communiste depuis 37 ans, devient la première candidate du Parti communiste à représenter la gauche unie depuis le retour de la démocratie dans les années 1990.Ministre du Travail sous Gabriel Boric, Jara a été l’artisane de plusieurs réformes sociales majeures. Elle a notamment mené à bien la réduction du temps de travail hebdomadaire à 40 heures, un combat historique de la gauche chilienne, et enclenché une réforme du système de retraites, mettant fin au modèle de capitalisation imposé sous la dictature de Pinochet. En parallèle, elle a augmenté le salaire minimum de 350 000 à 539 000 pesos (de 320 à 500 euros) et promet, si elle est élue, un revenu minimum de 750 000 pesos (680 euros).Sa victoire écrasante dans la primaire – avec 30 points d’avance sur la sociale-démocrate Carolina Toha, pourtant favorite – marque un tournant pour la gauche chilienne. En avril, elle lançait sa campagne sous la statue de Salvador Allende, appelant à « réenchanter les citoyens ». Une ambition forte, dans un pays encore marqué par les inégalités .
Malik.M.

