Chems-Eddine Hafiz visé pour un billet: La Mosquée répond sans ambiguïté

Le 18 avril, un banquet très controversé à Caen. Des propos racistes, des gestes qui ressemblent à des saluts nazis pendant La Marseillaise, des témoins choqués. Le 6 mai 2026, le parquet de Caen ouvre une enquête pour «propos et comportements racistes, haineux et sexistes». Rien de plus. Mais depuis, le débat a été détourné.
La cible n’est plus les auteurs présumés des dérives, mais le recteur de la Grande Mosquée de Paris, auteur d’un billet le 29 avril sur «les mécanismes contemporains du repli identitaire». Résultat : une polémique enflammée, orchestrée selon elle par «certains milieux d’extrême droite» pour allumer des contre-feux.
Dans une mise au point cinglante, elle dénonce une «inversion accusatoire» intolérable : «Ce n’est plus celui qui fait le salut nazi qui est fustigé, mais celui qui condamne de tels gestes.» Et d’ajouter, sans ambiguïté : «Le salut nazi demeure l’un des symboles les plus infâmes de l’histoire contemporaine. Aucun contexte festif, folklorique ou politique ne saurait atténuer la gravité de tels gestes.»
L’institution centenaire rappelle sa fidélité absolue à la lutte contre l’antisémitisme, «exigence absolue de la République», et balaie toute tentative d’amalgame : «Notre position contre le racisme et l’antisémitisme n’est ni une expression conjoncturelle ni une posture de circonstance.».
La Mosquée rétablit les faits avec une précision chirurgicale : le billet incriminé ne portait ni sur la gastronomie française, ni sur les traditions populaires, ni sur la consommation de porc.
Il développait une réflexion sur «la tentation du mur» dans les sociétés contemporaines : ce moment où les appartenances culturelles ou spirituelles se transforment en marqueurs d’opposition et d’exclusion.
Une analyse générale, ne visant aucune communauté en particulier. Mais des reprises médiatiques mensongères et des extraits vidéo tronqués ont laissé croire le contraire. «Flot de mensonges, d’injures, d’accusations et de mauvaise foi», résume la Mosquée.
La charge finale est implacable : «Si les milieux d’extrême droite disposent de nombreuses tribunes pour diffuser la haine, la banaliser et intimider ceux qui s’y opposent, c’est au nom des valeurs de la France tout comme des valeurs musulmanes que nous ne nous accommoderons jamais du rejet de l’Autre.»
Le recteur ? Il n’a fait, selon la Mosquée, que réaffirmer cette volonté. Rien de plus. Rien de moins.
N. C.