Organisée par la réalisatrice franco-iranienne Sepideh Farsi, la conférence de presse sur la situation à Gaza a été brutalement annulée la veille de l’événement par l’hôtel Le Majestic à Cannes, qui a jugé le sujet « incompatible avec sa clientèle ». Cette censure a forcé les organisateurs à déplacer la rencontre sur le stand du pavillon palestinien du festival.Sepideh Farsi, qui consacre un documentaire à la photojournaliste palestinienne Fatma Hassona, tuée par une frappe israélienne le 16 avril, dénonce l’indifférence face au meurtre de cette journaliste et l’absence de réactions concrètes alors que le festival accueille son film.
Fatma Hassona documentait courageusement la souffrance quotidienne des Gazaouis, une réalité trop souvent ignorée. La rapporteuse spéciale de l’ONU pour les territoires palestiniens, Francesca Albanese, était présente pour souligner l’importance vitale des médias indépendants afin de donner une voix aux Palestiniens vivants, alors que les médias traditionnels ne réagissent souvent qu’après la mort des victimes. Reporters sans frontières rappelle que plus de 200 journalistes ont déjà été tués depuis le début du conflit à Gaza, victimes ciblées parce qu’ils témoignent de ce qui se passe sur le terrain.
N.C.

