Campagne moisson 2024-2025 :en avant pour l’autosuffisance ! L’ Algérie récolte ses ambitions agricoles

Le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, Youcef Cherfa, a procédé ce mardi au lancement de la campagne nationale de moisson-battage pour la saison agricole 2024-2025. C’est depuis la localité de Gassi-Touil, dans la daïra de Hassi-Messaoud (wilaya d’Ouargla), que cette opération stratégique a été officiellement démarrée.
Le choix de ce site situé à 180 km au sud de Hassi-Messaoud n’est pas anodin. Il s’agit d’une exploitation agricole appartenant à l’entreprise publique économique Global Agrifood, filiale du holding Madar. Sur une superficie totale de 2.000 hectares, dont 1.050 hectares équipés de systèmes d’irrigation par pivot, cette ferme moderne emploie 54 agriculteurs et représente un modèle du nouveau visage de l’agriculture algérienne. Pour cette campagne, 870 hectares ont été emblavés en blé dur, avec des rendements moyens estimés entre 50 et 55 quintaux à l’hectare. « Ces performances démontrent le potentiel de notre agriculture saharienne », a souligné le ministre Cherfa. Selon Benadji Amirouche, directeur des activités agricoles chez Global Agrifood, l’exploitation, opérationnelle depuis 2022, dispose de 35 pivots permettant l’irrigation de 30 hectares chacun. L’entreprise prévoit d’introduire prochainement de nouvelles variétés de céréales, notamment du blé, de l’orge et du maïs.
Cette initiative s’inscrit pleinement dans la vision du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, visant à faire du Grand Sud algérien un pôle agricole de référence. Le ministre a rappelé l’importance du plan national pour les cultures stratégiques, qui concerne principalement les céréales, les oléagineux et le maïs-grain. « De tels investissements démontrent que le Sahara peut devenir un grenier à céréales »,
a-t-il affirmé. Sur le plan des infrastructures, des efforts considérables ont été consentis. Une enveloppe importante a été débloquée pour 2025 afin de raccorder les périmètres agricoles au réseau électrique. La wilaya d’Ouargla bénéficie à elle seule d’une enveloppe de 3 milliards de dinars pour son électrification agricole. Parallèlement, des travaux d’ouverture de pistes agricoles sur 200 km sont en cours, dont 47 km pour le seul périmètre de Gassi-Touil.
Le ministre a ensuite visité l’exploitation agricole privée « Bennou Messaoud », où il a également lancé les opérations de moisson. Cette structure, équipée de 49 pivots, cultive 1.330 hectares de blé dur, 80 hectares de maïs-grain, 240 hectares de tournesol et 90 hectares de colza. Ces chiffres illustrent la diversification encouragée par les autorités, particulièrement pour les oléagineux. Selon les projections de la Direction des services agricoles (DSA) d’Ouargla, la wilaya devrait produire 371.107 quintaux de céréales toutes variétés confondues pour cette saison. Pour soutenir cette production, deux centres de proximité de stockage des céréales sont en projet à Gassi-Touil. La visite ministérielle se poursuivra par l’inspection de sept autres centres de stockage dans la commune de Hassi-Benabdallah, à l’est d’Ouargla. Le ministre posera également la première pierre d’un silo d’une capacité de un million de quintaux, infrastructure cruciale pour la sécurité alimentaire du pays.
Autre temps fort de cette tournée : le lancement des travaux de raccordement au réseau électrique de périmètres agricoles dans la commune de N’goussa, à l’ouest d’Ouargla. Ces investissements en infrastructure témoignent de la volonté de l’État d’accompagner le développement agricole des régions sahariennes. La visite s’achèvera par l’inspection d’une unité innovante : une fabrique de production d’aliments pour poissons d’eau douce, intégrée à la ferme aquacole d’élevage de crevettes réalisée dans le cadre du partenariat algéro-coréen à Hassi-Benabdallah. Ce projet illustre la diversification des activités agricoles dans le Sud algérien. Cette campagne de moisson-battage 2024-2025 marque ainsi une nouvelle étape dans la stratégie agricole nationale, avec une attention particulière portée au potentiel des régions sahariennes et au développement des cultures stratégiques pour la sécurité alimentaire du pays. Les investissements massifs dans les infrastructures de stockage et d’irrigation témoignent de la volonté de l’Algérie de réduire sa dépendance aux importations céréalières et de valoriser l’ensemble de son territoire agricole .

Farid H.

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