Biens acquis illégalement en France: Paris ouvre la porte aux extractions

Le ministre français de la Justice, Gérald Darmanin, est arrivé hier lundi à Alger à la tête d’une délégation judiciaire de haut niveau. Une visite placée sous le signe des dossiers sensibles que l’Algérie refuse désormais de laisser dans l’ombre.
Dans une déclaration à la chaîne AL24 News, l’ambassadeur français à Alger, Stéphane Romatet, a confirmé que trois sujets brûlants seraient au centre des discussions : les biens acquis illégalement en France par d’anciens responsables algériens, les demandes d’extradition concernant des personnalités poursuivies par la justice algérienne, et la lutte contre la criminalité organisée.
Paris affiche une «volonté claire» de coopérer, mais Alger attend des actes, pas des promesses.
Darmanin est accompagné du procureur financier et de la procureure générale chargée du crime organisé, signe que la France mesure enfin la gravité des dossiers.
Pour l’Algérie, la question des biens mal acquis est une priorité nationale absolue. Pendant des décennies, des fortunes colossales issues de la corruption ont été planquées en France. Alger exige désormais qu’elles soient restituées. Les demandes d’extradition concernent des ex-responsables algériens en fuite, protégés jusqu’ici par une complaisance coupable.
L’Algérie ne tolérera plus que ses criminels présumés trouvent refuge sur le sol français. La visite de Darmanin est l’occasion de mettre fin à cette impunité.
Par ailleurs, Romatet a annoncé la reprise immédiate des travaux de la commission mixte algéro-française sur l’histoire et la mémoire. Au programme : l’accès aux archives, la numérisation des documents, les échanges entre historiens, et surtout le dossier explosif de la restitution des biens spoliés pendant la colonisation. Un sujet longtemps enterré par Paris, que l’Algérie a sorti du silence.
Les présidents Tebboune et Macron veulent accélérer le dialogue. Mais Alger pose ses conditions : coopération judiciaire sans naïveté, extradition sans atermoiements, restitution sans faux-semblants. L’heure n’est plus aux déclarations aimables, mais aux engagements tenus.
Farid B.