Benmbarek mobilise les mouhafadhas contre les redresseurs: Au FLN, la guerre de positionnement fait rage

La crise qui secoue le parti du Front de libération nationale (FLN), s’aggrave. Le mouvement de redressement qui vise la tête du secrétaire général, Abdelkrim Benmebarek, passe au forcing, après s’être structuré au niveau local. Le rassemblement organisé samedi devant le siège du parti à Hydra, n’est que le début d’un mouvement qui se prolongera dans la durée.
De son côté, la direction du FLN ne veut pas se laisser faire. Hier, des dizaines de communiqués de soutien publiés par des mouhafadhas nouvellement renouvelées, affluaient au bureau de Benmbarek. La guerre est plus que jamais déclarée. Pour le chef de fil de l’Instance de coordination pour la sauvegarde du FLN, Kaci Abdelkader, « cette action sera suivie d’autres sit-in, pour la défense du FLN, de son histoire et de son devenir qu’une direction sans légitimité ni représentativité, veut hypothéquer ». Accusant le SG du FLN de « gestion unilatérale », de faire « dans l’exclusion des militants », de « violation des statuts et du Règlement intérieur », « d’opacité dans la gestion financière des moyens du parti » et de « ternir l’image du FLN à travers de scandaleuses déclarations », les redresseurs ne jurent que par sa tête.
Outre le « départ » d’Abdelkrim Benmbarek, ils exigent « la suspension immédiate de l’opération de restructuration » et « la constitution d’une commission composée de compétences nationales intègres ».
Cette dernière aura pour mission la gestion des affaires courantes du parti et la préparation d’un congrès extraordinaire rassembleur, sans exclusion, afin de redonner la parole à la base.
Pour répliquer à ses détracteurs, Benmbarek n’a visiblement pas voulu se mouiller personnellement.
Le patron du FLN a mobilisé les mouhafadhas qui lui ont affiché « un inconditionnel soutien ». De Batna à Oran, passant par Bordj Bou Arreridj, Setif, Tizi-Ouzou, Bouira, Alger, Tipaza, Blida, Ghilizane, Saida, Khenchla, Ain Defla, Biskra, Ain Oussara, Jusqu’à Tamanrasset, Ouargla et Bordj Bedji Mokhtar, les bureaux des mouhafadhas ont dénoncé « une tentative de déstabilisation » du parti.
«Après 15 ans d’absence, le parti a retrouvé sa stabilité et sa légitimité au lendemain du 11e congrès national, suivi par l’élection des cellules et des kasmas jusqu’aux mouhafadhas», admettent les soutiens de Benmbarek, dans leurs communiqués harmonisés sur la même tonalité et très souvent les mêmes passages. En attendant que concerné sorte de son mutisme, le FLN se trouve de nouveau déchiré et profondément divisé à un an de la fin du mandat des assemblées élues. Une situation qui profiterait à son rival et frère-ennemi le Rassemblement national démocratique (RND), qui entame une nouvelle page avec l’élection de Monder Bouden comme secrétaire général, succédant à Mustapha Yahi. La fronde fera-t-elle tomber Benmbarek ? C’est la question que tous les militants se posent.
Malik.M.