BEM-BAC: L’ANIRA prévient les chaînes contre les dérapages

Lépreuves du Brevet d’enseignement moyen (BEM) et du Baccalauréat, deux examens cruciaux qui rythment la vie scolaire de millions d’élèves algériens, l’Autorité nationale indépendante de régulation de l’audiovisuel (ANIRA) a rappelé, jeudi dans un communiqué ferme, aux chaînes et radios du pays leurs responsabilités éthiques et légales.
L’objectif , c’éviter que la fièvre médiatique ne vienne troubler ce rendez-vous national sensible et protéger les candidats, en particulier les mineurs, des dérives constatées lors des sessions précédentes.
L’ANIRA insiste sur un point essentiel : la couverture des examens ne saurait se faire au détriment du bien-être psychologique des élèves.
L’Autorité déplore en effet avoir relevé «par le passé certains dépassements non justifiés malgré ses mises en garde», notamment des interviews d’enfants mineurs filmés à la sortie des centres d’examen, parfois en état de stress ou de vulnérabilité. De telles pratiques, prévient l’ANIRA, constituent «un manquement aux dispositions légales et réglementaires régissant l’activité médiatique», en particulier le décret exécutif 24-250 et la loi 15-12 relative à la protection de l’enfant.
L’Autorité de régulation rappelle avec la plus grande fermeté qu’«obtenir au préalable un consentement explicite du tuteur légal» est une obligation impérative avant toute apparition médiatique d’un mineur.
Il ne s’agit pas d’une simple recommandation, mais d’une exigence légale doublée d’un engagement éthique incontournable.
Au-delà de la signature parentale, les journalistes doivent veiller scrupuleusement à «l’intérêt supérieur de l’enfant» et éviter tout ce qui pourrait l’exposer à la stigmatisation, à l’exploitation médiatique ou au cyberharcèlement. La détresse d’un élève à la sortie d’une épreuve ratée, ses larmes ou son découragement ne sont pas des images choc à capturer pour l’audimat ; ce sont des moments de fragilité que les médias se doivent de respecter et de protéger. L’ANIRA appelle donc l’ensemble des établissements audiovisuels à s’éloigner résolument des pratiques fondées sur le sensationnalisme et la course à l’audimat. À la place, elle les enjoint à adopter une couverture médiatique professionnelle, sobre et responsable, qui contribue à «répandre un climat de sérénité et d’encouragement parmi les élèves et leurs familles». Les journalistes et les chaînes ont un rôle constructif à jouer : celui de rassurer, d’expliquer les enjeux sans angoisser, de mettre en lumière les efforts des encadreurs et le travail des candidats, sans jamais transformer la détresse passagère d’un adolescent en contenu viral. L’Autorité prévient enfin qu’elle exercera pleinement ses prérogatives : elle «suivra, dans le cadre des prérogatives que lui confère la loi, tout ce qui est susceptible de porter atteinte au bon déroulement de ces examens ou aux droits des candidats». Chaque manquement constaté pourra donner lieu à des sanctions.
Lotfi L.-E.