Encore une manœuvre. Le projet de loi français sur la restitution des biens culturels spoliés vient d’être renvoyé devant une commission paritaire mixte. Officiellement pour trouver un compromis. Officieusement, pour compliquer encore le retour des trésors pillés, notamment algériens.
La gauche française le dit haut et fort : les amendements votés à l’Assemblée nationale vident le texte de sa substance.
Désormais, pour récupérer un bien spolié entre 1815 et 1972, c’est le cas du célèbre canon Baba-Merzourg, il faudra prouver un «caractère illicite» de la spoliation. Une exigence absurde quand on sait que la marine française expose ce canon à Brest comme un trophée de guerre.
Car voilà le cœur du problème : Paris refuse catégoriquement de considérer Baba-Merzourg comme un bien culturel. Pour les autorités françaises, c’est une pièce d’armement, un «bien de la Défense».
Donc inaliénable. Pourtant, des voix françaises s’élèvent. Le conseiller régional de Bretagne, Christian Guyonvarc’h, a plaidé pour la restitution, estimant que ce canon n’a aucun lien avec Brest mais qu’il appartient à la mémoire algérienne.
Il y voit un geste fort pour tourner la page et apaiser les relations. Mais la marine française campe sur sa position : «prise de guerre légitime».
L’Algérie, elle, n’a jamais abandonné. Depuis 2012, elle demande officiellement le retour de ce symbole. La commission mixte d’historiens a relancé le dossier. Rien n’y fait. Le projet de loi actuel, au lieu de faciliter les restitutions, ajoute des couches de complexité.
Pendant ce temps, le canon Baba-Merzourg, le plus célèbre des «déportés» algériens, reste cloué
sur son socle breton, comme un doigt d’honneur à l’histoire. L’Algérie ne lâchera rien.
Baba-Merzourg: La France invente de nouvelles excuses pour garder le buti

