Azzouz Nasri succède à Salah Goudjilà la tête du Sénat:Une nouvelle époque

Le Conseil de la nation a désormais un autre président. Il s’agit de Azzouz Nasri, sénateur du tiers présidentiel, plébiscité hier à la tête de la deuxième chambre du parlement, lors d’une séance plénière consacrée à l’installation des nouveaux membres et l’élection du président du Conseil dans le cadre du renouvellement par moitié de la composante du Conseil de la nation au titre de l’année 2025. Il succède ainsi à Salah Goudjil qui a occupé le poste depuis avril 2019. La candidature du sénateur de Sétif a été soutenue par l’ensemble des groupes parlementaires (FLN, RND, Les indépendants, El Moustakbal, El Binai, le MSP, le FFS et TAJ).
L’élection d’un nouveau président du Sénat marque la fin d’une époque et symbolise la transmission du flambeau entre un homme issu de la génération de la guerre de libération nationale, en l’occurrence le moudjahid Salah Goudjil et un homme qui a suivi juste après cette génération. Azzouz Nasri est diplômé de l’École nationale de l’administration, il est président de la Cour de Constantine dans les années 1980 puis membre du Conseil constitutionnel de 1989 à 1995. Il devient ensuite président de la Cour suprême de 1995 à 2001. Député du parti FLN de 2002 jusqu’à 2007, il était parmi les gens qui étaient opposés à l’annulation du congrès du parti en 2004. Il avait alors choisi de soutenir la candidature d’Ali Benflis contre celle de l’ex-Président défunt Abdelaziz Bouteflika. Le nouveau président du Sénat était même parmi les fondateurs du parti de Benflis Talaia El Hourriyet.
Juste après son élection, Azzouz Nasri a prononcé un discours dans lequel il s’est engagé à être un président rassembleur de tous les sénateurs, peu importe leur appartenance politique.
« Je serais un président qui rassemble », a-t-il lancé, en remerciant le Président de la République, Abdelmadjid Tebboune pour l’importance et la place qu’il accorde au pouvoir législatif ainsi que son attachement à l’alternance aux postes de responsabilité.
Il a mis à profit son tout premier discours en tant que deuxième homme de l’Etat pour évoquer le dossier de la mémoire dans un contexte marqué par la commémoration du 80e anniversaire des massacres du 8 mai 1945 et de la célébration de la journée nationale de l’étudiant, fêtée le 19 mai de chaque année.
Il a demandé à la France de présenter des excuses sur tous les crimes commis pendant la longue nuit coloniale, appelant les français dignes à s’inscrire dans cette démarche. Il a affirmé que l’Algérie n’accepte pas la remise en cause et l’atteinte à sa souveraineté y compris par la France, rejetant toute ingérence dans les affaires du pays. Il a aussi rejeté les tentatives d’ingérence dans le travail de la justice algérienne, en allusion sans doute à l’affaire de Boualem Sansal. Le nouveau président du Sénat n’a pas manqué de réitérer le soutien du pays aux causes palestinienne et sahraouie. Il a, en outre, rendu hommage au président sortant Salah Goudjil pour ses efforts en présidant le conseil de la nation. Ce dernier a prononcé, avant-hier, un discours d’adieu émouvant devant les chefs des groupes parlementaires .

Farid H.

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