La 38e session du Sommet de l’Union africaine a été marquée par l’élection de la diplomate algérienne Haddadi à la vice-présidence du Conseil de Paix et de Sécurité (CPS) africain, face à une candidate marocaine soutenue par le royaume chérifien. Cette victoire est perçue comme un échec cuisant pour le Maroc, qui n’a pas ménagé ses efforts pour faire élire sa candidate, souligne Said Ayachi, militant de la solidarité et des droits humains. « Le Makhzen a vainement cru encore pouvoir user de ses manœuvres de corruption pour pouvoir imposer sa candidate », déplore Ayachi, notant que le Maroc a tenté de reproduire les mêmes tactiques qu’auprès de l’Union européenne, mais sans succès cette fois face aux pairs africains.
L’aura et le projet politique de l’Algérie en Afrique
Selon Ayachi, cet échec marocain s’explique d’abord par « l’aura certaine » dont bénéficie l’Algérie au niveau du continent africain, une considération « ouvertement déclarée par les pairs africains ».
Le militant souligne également que « le projet politique proposé par l’Algérie est que notre pays est au service de l’Afrique », rappelant le rôle historique joué par l’Algérie dans la décolonisation du continent. « L’Algérie n’est pas revenue à l’Union africaine par effraction », insiste Ayachi, évoquant l’action menée par le défunt Ahmed Ben Bella en faveur de la libération de l’Afrique, avec le soutien apporté à pas moins de 15 mouvements de libération. « Toute l’Afrique est reconnaissante, à travers les générations qu’ont connu les gouvernements africains », affirme-t-il.
Réparations des dommages causés par le colonialisme
Ayachi estime que « l’heure est d’ouvrir le dossier des réparations des dommages causés par le colonialisme », 50 ans après la décolonisation. Ce dossier a été soulevé lors de la 38e session de l’UA, dont le slogan portait sur la réparation des injustices subies par le continent. « Après le combat libérateur, les gouvernants d’aujourd’hui se battent pour le développement de l’Afrique. Et qui dit développement doit regarder l’histoire et se dire qu’il y avait quelqu’un qui nous a exploités et spoliés nos richesses », plaide le
militant, rappelant le principe international de réparation des dommages de guerre.
Le dossier du Sahara occidental
Sur la question du Sahara occidental, Ayachi salue « un énième revers » pour le Maroc, dont la « pseudo-carte » annexant le territoire sahraoui n’est reconnue que par « certains pays de mauvaise foi ». Il réaffirme que les frontières du Sahara occidental sont celles figurant sur la carte de l’Union africaine, conformément au droit international .
Farid. B

