Dans une intervention remarquée ce mardi lors de la réunion ministérielle du Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine, Selma Bekhta Mansouri, Secrétaire d’État auprès du ministre des Affaires étrangères, chargée des Affaires africaines, a livré une analyse percutante de la situation sahélienne.
Par visioconférence, elle a démontré avec une conviction forte que le salut de la région ne pouvait reposer sur les seuls instruments militaires.
D’emblée, la représentante algérienne a posé un constat sans appel : «La réponse militaire, à elle seule, n’a jamais suffi et ne suffira pas.» Face aux crises multidimensionnelles qui ébranlent le Sahel, Mme Mansouri a défendu avec une clarté implacable la nécessité d’une approche globale et intégrée. Pour elle, le triptyque «paix, sécurité et développement» est indissociable.
Son plaidoyer a mis en lumière des priorités concrètes et humanistes : la protection des civils, la garantie d’un accès humanitaire sans entrave, et surtout, l’investissement dans l’éducation, le développement social et l’inclusion économique comme seuls remparts durables contre l’instabilité.
L’intervention a naturellement glissé vers le rôle majeur de l’Algérie.
Mme Mansouri a rappelé le mandat confié par l’UA au Président Tebboune pour piloter la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent. Mais au-delà du simple rappel d’une légitimité institutionnelle, c’est le «modèle algérien» qui a été placé sous les projecteurs.
Un modèle éprouvé, fondé sur le dialogue politique inclusif, la réconciliation nationale et la réinsertion socio-économique des anciens combattants.
Présenté comme une réussite continentale, ce schéma directeur est désormais offert en partage aux pays frères désireux de construire une paix durable.
Le Sahel, test décisif pour l’Afrique
En conclusion, la Secrétaire d’État a élevé le débat en présentant les défis du Sahel comme le test ultime de la capacité de l’Afrique à s’assumer. Il s’agit ni plus ni moins de matérialiser le principe fondateur des «solutions africaines aux problèmes africains». Son appel final a résonné comme un message d’espoir et d’action : il faut, a-t-elle insisté, une synergie des efforts pour métamorphoser ces défis brûlants en opportunités historiques. L’objectif ? Bâtir, pour les peuples du continent, un avenir incarnant les valeurs de légitimité, de dignité retrouvée et de prospérité partagée.
Un discours qui marque les esprits et positionne l’Algérie non pas comme un simple acteur, mais bien comme un architecte de la stabilité africaine
Lamine N.

