Expositions, conférences, projections et rencontres : les institutions culturelles algériennes déploient un programme riche pour honorer les martyrs de Sétif, Guelma et Kherrata et raviver le devoir de mémoire auprès des jeunes générations.
À l’occasion de la commémoration des massacres du 8 mai 1945, l’une des pages les plus tragiques de l’histoire nationale, plusieurs institutions culturelles ont déployé à travers le pays un programme dense d’activités mémorielles.
Expositions, conférences, projections et rencontres sont organisées afin de revisiter cet épisode douloureux et d’en assurer la transmission aux nouvelles générations.
Ces initiatives visent à rappeler l’ampleur de la répression coloniale qui frappa des milliers d’algériens à Sétif, Guelma et Kherrata, tout en rendant un hommage solennel aux victimes tombées pour la Liberté.
Au-delà du simple devoir de mémoire, ces manifestations culturelles s’inscrivent dans une volonté affirmée de valoriser l’histoire nationale et de renforcer la conscience collective autour des luttes qui jalonnèrent le long parcours du peuple algérien vers l’indépendance.
Elles rappellent avec force que le 8 mai 1945 demeure une date gravée dans la mémoire collective, symbole éternel de résistance et de dignité.
L’Établissement Arts et Culture d’Alger a déployé un programme particulièrement riche dans plusieurs centres d’activités culturelles de la capitale. Expositions de photographies, documents d’archives et rencontres-conférences viennent raviver la mémoire de cette tragédie historique.
Dans ce cadre, une conférence est prévue ce jeudi au centre des activités culturelles Abane-Ramdane, à Alger Centre. Elle sera animée par Mohamed Yahi, chercheur en histoire et ancien cadre au ministère des Moudjahidine et des Ayants droit. À cette occasion, une exposition de documents d’archives et de photographies est également proposée, en collaboration avec le Centre national des archives.
Parallèlement, le centre culturel Haroun Rachid, situé à Oued Koriche, accueille jusqu’au 13 mai prochain une exposition de photographies historiques retraçant, en images, l’horreur des massacres.
Le monde culturel se mobilise sans réserve
À Souidania, l’espace des activités culturelles participe lui aussi à cet élan mémoriel en exposant articles de presse d’époque et photographies poignantes. Une rencontre est également prévue ce jeudi avec le moudjahid Jdid Messaoud, président de la section des moudjahidine de Souidania. Ce dernier reviendra sur la violence extrême d’une répression coloniale qui coûta la vie à plus de 45 000 martyrs. Une occasion précieuse d’apporter un éclairage historique rigoureux sur ces événements et d’en mesurer toute la portée dans la construction de la conscience nationale.
La galerie Mohamed-Racim, située au cœur d’Alger, s’associe également à cette dynamique en proposant une exposition d’affiches et de photographies.
Pour sa part, le centre d’activités culturelles Bachir-Mentouri accueillera, samedi prochain à 14 heures, une conférence animée par Hamid Rabia, comédien et homme de théâtre.
Cette rencontre mettra en lumière le rôle considérable qu’ont également joué les artistes durant la guerre de Libération nationale dans la mobilisation des consciences et la préservation de la mémoire collective.
Le Théâtre national Mahieddine- Bachtarzi prévoit quant à lui, dans le hall de ses locaux, une exposition de photographies et d’affiches historiques.
À travers cette programmation riche et diversifiée, c’est tout le monde de la culture algérienne qui se mobilise avec ferveur, pour ne pas oublier, pour transmettre aux générations montantes, et pour faire vivre une mémoire collective encore profondément ancrée dans les consciences.
Amina S.

