Le gouvernement libanais a officiellement demandé à l’UNESCO de mener une expertise approfondie sur près de 90 sites archéologiques endommagés lors des récentes hostilités. Cette initiative s’inscrit dans le cadre d’un projet de résolution de l’organisation onusienne visant à apporter un soutien technique et financier pour la préservation du patrimoine culturel libanais.
Lors d’un symposium organisé à Beyrouth à l’occasion de la Journée du patrimoine mondial, Sarkis Khoury, directeur général des Antiquités, a dressé un bilan alarmant des destructions. « Les attaques ont frappé au cœur de notre héritage historique, causant des dommages irréparables à des monuments religieux et à des villages frontaliers dont certains remontent à plusieurs millénaires », a-t-il déploré.
Quarante localités situées près de la frontière, véritables témoins de l’histoire régionale, auraient été particulièrement touchées. Le ministère des Affaires étrangères a confirmé l’adoption par le Conseil exécutif de l’UNESCO d’une résolution spécifique concernant le Liban. Ce texte prévoit un soutien dans trois domaines prioritaires : l’éducation et la recherche scientifique, la protection des sites classés au patrimoine mondial comme Baalbek, Anjar et Tyr, ainsi que la sécurité des journalistes. Les violences, qui se sont intensifiées à partir de septembre 2024 après avoir éclaté en octobre 2023, ont officiellement pris fin avec un cessez-le-feu le 27 novembre dernier.
Cependant, des violations sporadiques persisteraient selon les autorités libanaises, qui dénoncent par ailleurs le maintien de positions militaires étrangères sur leur territoire.
Cette démarche auprès de l’UNESCO représente une étape cruciale pour le Liban, qui cherche non seulement à documenter les préjudices subis mais aussi à mobiliser la communauté internationale pour la sauvegarde de son exceptionnel patrimoine culturel, miroir de l’histoire mouvementée du Proche-Orient. Les conclusions de cette évaluation pourraient servir de base à d’éventuelles demandes de réparations ou à des programmes de restauration d’envergure .
Malik.M.
Archéologie en deuil : Le Liban recense ses trésors historiques détruits

