Après sa visite en Algérie: Ségolène Royal interpelle Macron sur la question de la mémoire

Après sa visite en Algérie qu’elle a qualifiée de réussie, la présidente de l’association France-Algérie (AFA), Ségolène Royal interpelle le président français Emmanuel Macron, l’appelant à faire «un geste de réconciliation et de reconnaissance à l’égard de l’Algérie».
«Il est évident que nous devons cette réconciliation aux jeunes générations, des deux côtés
de la rive», a-t-elle insisté, hier, dans une émission de TF1.
Après son retour d’Alger, la présidente de l’AFA a fait savoir qu’elle demandé un
rendez-vous avec le président Emmanuel Macron, dans le but de le convaincre d’aller dans
le sens de rapprochement.
«Les autres pays colonisateurs ont fait cette reconnaissance, ont fait cette demande de pardon», a-t-elle argué, estimant que le chef de l’état français «a complètement changé» sur ce dossier, et que «cela a été
douloureux par les Algériens, pris comme une trahison, d’une certaine façon».
Et d’expliquer : «la France et l’Algérie ont une histoire commune douloureuse, (…) notamment les conséquences dramatiques de la colonisation, n’ont jamais été reconnue».
Un jour, il sera trop tard pour la France pour nouer ces partenariats, a-t-elle mis en garde.
Ségolène Royal affirme que tous les pays s’entendent avec l’Algérie, citant l’Italie, l’Espagne et l’Allemagne, regrettant que ce n’est pas le cas de la France, alors que «c’est nous qui avons l’histoire commune la plus douloureuse mais aussi la plus imprégnante de nos deux communautés».
Selon elle, beaucoup de responsables français, parce qu’ils exploitent politiquement cette fracture, ne veulent pas comprendre que l’Algérie a beaucoup évolué.
Ségolène Royal est également revenue sur les déclarations du ministre de l’Intérieur français, qui a expliqué, vendredi dernier, conditionner toute visite sur place à «des bougés très forts» de la part d’Alger, sur «la reprise des reconduites des Algériens en situation irrégulière» et «la situation de Christophe Gleizes». «Il faut y aller, c’est évident. Quand on pose des conditions, c’est qu’on ne veut pas y aller», a répliqué Ségolène Royal, assurant que le responsable est «attendu» sur place. Abordant sa récente visite en Algérie, elle a expliqué s’être déplacée en tant que présidente de l’Association France Algérie (AFA), statut qu’elle occupe depuis décembre. «J’y suis allée pour dialoguer, écouter, observer, et chercher des solutions d’avenir», a-t-elle dit, regrettant la rupture entre les deux pays.
Fateh H.