Après le raid au Venezuela:Trump menace la Colombie et convoite le Groenland

L’administration Trump est en train d’écrire un nouveau chapitre de la politique étrangère américaine, un manuel où la coercition militaire brute remplace la diplomatie.
Après le raid spectaculaire ayant conduit à la capture du président vénézuélien Nicolás Maduro, une onde de choc parcourt la planète.
Depuis son sanctuaire volant, l’Air Force One, Donald Trump brandit cette opération comme un modèle et un avertissement, érigeant sa doctrine de «paix par la force» en principe d’action globale.
Cette philosophie, qui justifie une augmentation massive des moyens militaires, ne vise pas seulement à dissuader, mais bien à contraindre et à punir tout État qui résisterait aux diktats de Washington.

La Colombie dans le miroir vénézuélien
Le premier avertissement, le plus glaçant dans sa formulation directe, a visé un voisin du Venezuela et allié historique des États-Unis : la Colombie. Interrogé sur la possibilité d’une intervention similaire à celle menée à Caracas, Donald Trump a répondu sans ambages : «Cela me semble une bonne idée.»
Le président américain a justifié cette menace par une diabolisation extrême du président colombien Gustavo Petro, le qualifiant à plusieurs reprises d’«homme malade» accro à la cocaïne et l’avertissant de «faire gaffe à ses fesses». En assimilant la production de cocaïne (dont la Colombie produit environ 70% du volume mondial) à du «narcoterrorisme», Trump ouvre la voie à une militarisation totale de la lutte anti-drogue. Ses déclarations suivent déjà des actions : le bombardement meurtrier d’une trentaine d’embarcations suspectes, préfigurant une escalade où les souverainetés nationales s’effacent devant la «guerre» américaine.

Le Groenland : Une convoitise territoriale décomplexée
Dans un registre différent mais tout aussi impérial, Donald Trump a réitéré son désir pour le Groenland. «Nous avons besoin du Groenland du point de vue de la sécurité nationale», a-t-il affirmé, estimant que le Danemark ne serait «pas en mesure de s’en occuper».
Avec un calendrier à l’appui – «parlons-en dans 20 jours» –, il transforme une fantaisie de son premier mandat en projet palpable. Les motivations sont géostratégiques et économiques. Le territoire, dont l’autonomie est reconnue par le Danemark, contrôle de nouvelles routes maritimes ouvertes par le réchauffement climatique et regorge de 43 des 50 terres rares essentielles aux technologies vertes et aux batteries. Cette convoitise ouverte pour le territoire d’un allié de l’OTAN rompt avec tous les codes diplomatiques et illustre une vision purement transactionnelle et de puissance, où les aspirations des 56 000 Groenlandais semblent négligeables.

L’Iran et Cuba : La menace de la contagion révolutionnaire
La doctrine de la «paix par la force» ne s’arrête pas à l’hémisphère occidental. L’Iran, ennemi historique, est dans le collimateur. Donald Trump a explicitement lié la répression des manifestations internes au pays à une intervention américaine : «S’ils commencent à tuer des gens […] je pense qu’ils seront frappés très durement par les États-Unis.» Ces propos interviennent alors que des frappes contre des sites nucléaires iraniens avaient déjà été autorisées en juin, et que des rumeurs d’un plan d’exfiltration du Guide suprême Ali Khamenei vers la Russie circulent. Plus au sud, Cuba est perçu comme la prochaine pièce d’un domino en train de tomber. «L’île est prête à tomber», a estimé Trump, se félicitant de l’effet d’entraînement de l’opération vénézuélienne. Profitant de la crise économique structurelle de l’île, aggravée par les sanctions, il mise sur un effondrement interne, tout en maintenant la pression maximale, suggérant qu’une action militaire pourrait devenir superflue… ou inévitable si le régime résiste.

Une nouvelle ère de l’impérialisme américain
La séquence ouverte par la capture de Maduro dépasse largement le cadre vénézuélien. Elle dessine une nouvelle normalité géopolitique où les États-Unis, sous la bannière de la «paix par la force», s’arrogent le droit de : – Déstabiliser militairement des gouvernements souverains (Venezuela, menace sur laColombie).

  • Convoiter ouvertement les territoires et ressources d’États alliés (Groenland).
  • Profiter des crises internes pour menacer d’intervention (Iran) ou prédire la chute (Cuba).
    Cette stratégie du fait accompli et de l’intimidation verbale constante plonge le système international dans une zone de turbulence inédite. Elle défie
    les principes de souveraineté et de non-ingérence, et place les alliés traditionnels des États-Unis, comme la France et le Danemark, dans une position inconfortable : devront-ils, au nom de l’alliance atlantique, acquiescer à une redéfinition unilatérale et agressive du droit du plus fort ?
    La «paix» promise par Trump ressemble de plus en plus à un état de guerre latente et généralisée.
    Malik M.