Après la grève contre une loi «liberticide», grandiose marche à Marrakech contre la corruption :La rue grogne au Maroc

Au Maroc, le régime de Mohamed VI est de plus en plus confronté à la colère des citoyens qui en assez du détournement des biens et de l’argent public au profit d’une seule famille et son entourage proche. Les manifestations se multiplient, mettant la pression sur le gouvernement d’Aziz Akhanouche, mais au-delà, sur le roi qui passe son temps à satisfaire ses caprices dans des capitales étrangères loin de la réalité et du vécu quotidiens de son peuple. Hier, c’était au tour de l’Association marocaine pour la protection des deniers publics d’organiser une grandiose manifestation dans la rue de la ville de Marakech, pour dénoncer la détérioration des conditions sociales et du pouvoir d’achat, la banalisation de la corruption.
Des centaines de citoyens, hommes femmes, vieux, jeunes et moins jeunes ont participé à cette marche, brandissant des banderoles et des pancartes sur lesquelles on pouvait lire, selon des vidéos partagées sur les réseaux sociaux, « Non à la corruption », « Pour l’arrêt de l’appauvrissement du peuple », « Oui pour la poursuivre des corrompus et la protection des lanceurs d’alerte ».
Au cour de leur procession, les marcheurs ont scandé des slogans hostiles à la politique du gouvernement et du roi Mohamed VI, criant entre autres : « Barakat la corruption. Vous avez détruit le pays », « Barakat le détournement de l’argent public », «Le Maroc est ma libre terre et la corruption est rejetée », « Les poches des citoyens sont vides », « Y en a marre des prisons, nous voulons des universités », « Y en marre de la police, nous voulons plus d’écoles », « Barakat des restrictions, mes droits mes droits » et « ô la honte, le pouvoir d’achat est en danger ! ».
La marche organisée hier par l’association marocaine pour la protection des deniers publics, intervient au lendemain d’une grève générale des syndicats les 5 et 6 février, contre la nouvelle loi sur la grève, votée par le Parlement avec ses deux chambres (députés et conseillers).
Un texte qui « consacre les restrictions contre le droit de grève, de manifestation et l’exercice syndical en plus d’amendes et de sanctions ».
La grève a touché plusieurs secteurs dont l’éducation, la santé, la justice, les collectivités territoriales et l’administration. « À la lumière de notre lecture (de la loi, NDLR), nous concluons qu’il vise à museler davantage la classe ouvrière en la privant de son droit légitime à la grève, à la protestation, et à l’exercice syndical. Ce que nous considérons comme une autre restriction contre la classe ouvrière, sous prétexte d’encourager l’investissement. Sauf qu’il s’agit d’un subterfuge car le nerf de la production n’est autre que le travailleur », a déclaré Al-Hussein Harch, membre du Conseil national de la Confédération démocratique du travail (CDT), dans une vidéo relayée par la page de la même organisation.
En attendant que ce texte soit validé par la Cour constitutionnelle, la colère monte au Maroc devant une démission totale de son «émir des croyants», particulièrement occupé à assouvir les besoins de sa propre personne, avec des scandales qui le collent –images et photos prises de nuits comme de jour à l’appui- à chaque fois qu’il passe dans une capitale étrangère.
Farid B.

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