Appels à l’action: Augmentation alarmante des féminicides en Algérie

Selon le dernier rapport du groupe « Non aux féminicides – Algérie », 315 meurtres de femmes ont été recensés dans le pays entre 2019 et 2024, avec une tendance à la hausse inquiétante ces dernières années. En 2024, 48 féminicides ont été enregistrés contre 39 en 2023 et 41 en 2022. Ces chiffres, bien que non exhaustifs, reflètent l’ampleur du fléau.
Les statistiques révèlent que dans 42,6 % des cas, les meurtriers sont des partenaires ou ex-partenaires, et 27,7 % des auteurs font partie de la famille proche (pères, fils, frères…). Seuls 29,8 % des crimes sont
perpétrés par des personnes extérieures au cercle familial ou amical.
La majeure partie des féminicides (89,4 %) se déroule dans des espaces clos, principalement le domicile conjugal (40,4 %) ou familial (42,6 %). Seulement 8,5 % ont lieu dans des lieux publics.
En 2024, le poignardage (31,9 %) et les coups (23,4 %, dont 90,9 % visant la tête) sont les modes opératoires les plus courants. Les armes blanches, notamment les couteaux (46,2 %), les marteaux (15,4 %) et les haches (11,5 %), sont fréquemment utilisées. Certains meurtriers tentent de dissimuler leurs actes, en faisant passer le crime pour un suicide ou en brûlant les corps. D’autres invoquent des troubles mentaux, mais les expertises médicales confirment généralement leur pleine responsabilité.
Le rapport souligne la vulnérabilité particulière des femmes âgées vivant seules, souvent ciblées et assassinées lors de vols à leur domicile. Face à cette situation alarmante, le groupe « Non aux féminicides – Algérie » exhorte les autorités à renforcer les mesures préventives, à sensibiliser davantage la population et à offrir un soutien accru aux femmes âgées isolées. Des réformes globales sont préconisées, incluant une volonté politique renforcée, une mise à jour des lois, un soutien juridique aux victimes et une éducation axée sur la prévention des violences. Le rôle des médias et la mise en place d’une stratégie gouvernementale globale de suivi statistique et de politiques préventives sont également cruciaux pour lutter contre ce fléau .
M.M.

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