Dans un contexte régional secoué par des turbulences multiples, l’Armée nationale populaire (ANP) incarne, par son action quotidienne, le rempart le plus solide de la souveraineté nationale. C’est du moins l’analyse développée par Zakaria Wahbi, expert reconnu en questions politiques et sécuritaires, qui voit dans les opérations coordonnées menées contre les réseaux de contrebande bien plus que de simples interventions ponctuelles : un véritable pilier stratégique sur lequel repose l’édifice sécuritaire du pays.
S’exprimant au sujet de cette lutte sans merci engagée aux frontières, le directeur de l’École nationale supérieure des sciences politiques (ENSSP) a salué une approche qui conjugue fermeté et clairvoyance. Selon lui, chaque coup porté aux trafiquants est le reflet d’une volonté politique inébranlable de faire face aux défis qui menacent autant la stabilité régionale que la cohésion interne de la nation.
L’ANP, par sa vigilance permanente et son niveau de préparation exceptionnel, démontre jour après jour que les frontières algériennes ne sont pas une ligne de faille, mais bien une ligne de force.
L’expert rappelle à juste titre que le combat contre la contrebande ne se limite pas à une simple affaire de douane ou de police. Dans une région où les zones grises favorisent toutes les convoitises, les réseaux criminels tissent des liens dangereux avec les groupuscules terroristes. Ces derniers exploitent sans vergogne les fragilités de certains États voisins pour y implanter leurs sanctuaires, transformant le crime organisé en menace existentielle pour des nations entières.
C’est cette réalité complexe que l’ANP affronte chaque jour, avec des moyens humains et technologiques constamment adaptés à l’évolution des périls.
Mais au-delà de la dimension strictement sécuritaire, Zakaria Wahbi met en garde contre un danger plus insidieux : la propagation de la drogue et ses conséquences catastrophiques sur le tissu social.
Les narcotrafiquants, devenus de véritables multinationales du crime, ne se contentent plus d’empoisonner la jeunesse. Ils sont aujourd’hui instrumentalisés par des puissances étrangères qui voient dans le poison une arme de déstabilisation massive, plus discrète qu’un missile mais tout aussi dévastatrice à long terme.
C’est ici que l’expert porte un regard acéré sur le rôle du Makhzen marocain. La collusion entre les autorités de Rabat et les barons de la drogue n’est plus un secret pour quiconque observe objectivement la géopolitique régionale. En fermant les yeux sur les activités des narcotrafiquants, en leur offrant même des facilités, le voisin de l’ouest a fait du trafic un outil de pression politique.
Une arme à double tranchant qui vise autant l’Algérie que l’Europe, transformant le royaume en plaque tournante d’un commerce de mort dont les ramifications s’étendent bien au-delà du Maghreb.
Ces réseaux, prévient Wahbi, ont acquis une puissance inquiétante. Organisés comme des États parallèles, dotés de ressources financières colossales et de connexions au plus haut niveau dans certaines capitales, ils ne se contentent plus de passer des cargaisons. Ils achètent des armes, corrompent des administrations, recrutent des informateurs. Ils sont devenus des acteurs géopolitiques à part entière, capables de peser sur les équilibres régionaux.
Face à cette hydre aux mille têtes, l’ANP oppose une stratégie globale où la répression ne suffit pas. Il s’agit de protéger une génération, de préserver l’intégrité morale et physique d’un peuple.
Les opérations qualitatives menées ces derniers mois, souvent dans des conditions extrêmes, témoignent de l’efficacité d’une institution qui a fait de la veille permanente son credo.
Elles envoient un message clair à tous ceux qui rêvent de faire de l’Algérie un terrain de jeu pour leurs trafics : les frontières nationales sont devenues un piège pour les contrebandiers, un cimetière pour leurs ambitions. Ainsi, comme le souligne Zakaria Wahbi, ces opérations ne sont pas seulement des succès tactiques. Elles sont la preuve vivante que l’Algérie tient bon face aux tempêtes, que son armée reste le bouclier infranchissable d’une nation qui refuse de céder un pouce de sa souveraineté, ni de sacrifier sa jeunesse sur l’autel des trafics internationaux.
Farid B.
ANP: La contrebande au cœur de la doctrine sécuritaire

