À quelques jours de la visite historique du pape Léon XIV en Algérie, la ministre de la Culture et des Arts, Malika Bendouda, a fait étape à Annaba. Entre la réouverture du musée d’Hippone, la basilique Saint-Augustin et l’avenir de la citadelle hafside, c’est tout un pan de l’identité méditerranéenne qui se dévoile.
Sous le soleil d’avril, Annaba s’apprête à vivre un moment d’exception. Jeudi, Malika Bendouda, ministre de la Culture et des Arts, a supervisé la réouverture du musée du site archéologique d’Hippone, avant de visiter la basilique Saint-Augustin.
Ces deux joyaux figurent au cœur du programme de la visite pontificale, attendue du 13 au 15 avril sur les rives de l’ancienne Hippo Regius.
C’est dans le théâtre régional Azzedine-Medjoubi que la ministre a livré son message : l’Algérie veut accueillir le souverain pontife en valorisant son héritage chrétien et antique, partie intégrante de sa mémoire collective.
Car Hippone, c’est le lieu où saint Augustin, l’un des Pères de l’Église, fut évêque et rédigea ses Confessions – une pensée qui a traversé les siècles et les rives de la Méditerranée.
Pour rendre hommage à ce génie universel, la ministre a annoncé des travaux d’extension du musée archéologique ainsi que la création d’un centre moderne dédié à la vie et à l’œuvre d’Augustin. « Nous utiliserons des technologies contemporaines pour restituer son parcours et son influence », a-t-elle expliqué. De quoi marier archéologie classique et médiation numérique, pour faire rayonner ce site autrement.
La citadelle hafside, de l’oubli à la résurrection
Mais la visite de la ministre ne s’est pas arrêtée aux rives augustiniennes. Direction la citadelle hafside, fièrement dressée sur les hauteurs d’Annaba. Ce monument, classé patrimoine national, fut érigé entre les XIIIe et XVIe siècles sous la dynastie des Hafsides, une forteresse qui veillait jadis sur la mer.
Puis vint la période coloniale française, qui la transforma en prison et en centre de torture pour les manifestants du 8 mai 1945 et pour les moudjahidine de la Révolution algérienne.
Aujourd’hui, ce lieu chargé de douleur et de résistance aspire à renaître. Malika Bendouda a donné son accord pour relancer le projet de réhabilitation de la citadelle. Elle a instruit les services compétents de mener des recherches approfondies sur le site, en coordination avec l’université d’Annaba. L’objectif : rendre à cette forteresse sa place dans la mémoire nationale, sans effacer ses strates historiques, de l’époque médiévale à la tragédie coloniale.
Un appel à la création locale
Enfin, la ministre a rencontré les artistes, écrivains et acteurs culturels de la wilaya. Théâtre, cinéma, arts plastiques : elle les a invités à porter davantage de projets créatifs, en phase avec les spécificités de la région. « Mon département est prêt à accompagner vos réalisations », a-t-elle promis, signe d’une volonté de décentralisation culturelle et de soutien à la jeunesse créative.
Entre ferveur religieuse, mémoire vive et ambition culturelle, Annaba s’apprête à écrire une nouvelle page. Celle d’un patrimoine assumé, partagé et tourné vers l’avenir.
Amina.S.

