Algerie- UE: Bruxelles veut un partenariat de choix avec Alger

L’Union européenne a officiellement proposé à l’Algérie de construire une «alliance de choix», ambitieuse et tournée vers l’avenir.
Cette initiative s’inscrit dans le cadre du nouveau «Pacte pour la Méditerranée», présenté par l’ambassadeur de l’UE en Algérie, Diego Mellado, qui voit en cette feuille de route une opportunité unique de moderniser et d’approfondir le partenariat stratégique entre les deux parties.

Préserver et moderniser l’Accord d’Association
Au cœur de ce nouveau cadre se trouve la question de l’Accord d’Association Algérie-UE. L’ambassadeur Mellado a tenu à lever toute ambiguïté : cet accord, pierre angulaire des relations, est appelé à perdurer et à être dynamisé.
«L’accord d’association, ça continue, ça fait partie des acquis. Il y a beaucoup d’aspects de cet accord qu’on retrouve dans le Pacte», a-t-il déclaré, soulignant la continuité dans l’évolution.
Toutefois, la nouveauté réside dans la volonté de l’UE d’insuffler une nouvelle dynamique à ce partenariat.
Le diplomate européen reconnaît que «le nouveau [contexte] est un nouveau contexte pour l’accord d’association et beaucoup de choses sont à améliorer». Cette modernisation des relations commerciales est présentée comme une réponse aux préoccupations algériennes, qui estiment depuis plusieurs années que l’accord actuel est en sa défaveur et plaident pour sa révision.
Une vision stratégique et un partenariat «d’égal à égal»
L’Algérie n’a pas attendu pour se positionner. Selon M. Mellado, elle a été «l’un des premiers pays à avoir proposé sa feuille de route pour le Pacte». Il a salué la position algérienne, la qualifiant de «vision claire et très stratégique», et a affirmé que ses propositions insistaient sur un cadre «d’égal à égal». «C’est la nouvelle donne», a-t-il assuré, reconnaissant ainsi le rôle actif et prospectif de l’Algérie dans la redéfinition de ce partenariat. L’objectif affiché de ce Pacte est de construire une «compétitivité conjointe» tout en respectant pleinement «la souveraineté économique des pays». Pour l’ambassadeur, cette alliance ne saurait être seulement déclarative ; elle doit se concrétiser par des actions tangibles : «Les engagements doivent être respectés avec des réalisations concrètes et des liens à construires».

Un cadre bilatéral renforcé et un calendrier défini
Le Pacte pour la Méditerranée mise délibérément sur une approche bilatérale renforcée. «Autrement dit, les pays partenaires de l’UE auront à discuter avec l’Union en tant que bloc régional pour toute action», a expliqué M. Mellado. Ce modèle permet à l’Algérie de négocier directement avec l’ensemble de l’Union, conférant ainsi un poids stratégique à leur dialogue. Le processus est déjà bien engagé. Le Pacte lui-même est proposé pour une approbation politique en novembre 2025, à l’occasion du 30e anniversaire du processus de Barcelone. Cette étape cruciale sera suivie par l’élaboration d’un plan d’action concret prévu pour l’année prochaine, qui définira les modalités pratiques de cette «alliance de choix» axée sur l’économie, l’investissement et le commerce .
Fateh H.