Algérie-Tunisie: Une fraternité stratégique qui défie les vents contraires

La visite officielle du président du Conseil national des régions et des districts de Tunisie, Imad Derbali, à la tête d’une importante délégation parlementaire, s’est achevée hier après deux jours intenses à Alger.
Accueilli et raccompagné à l’aéroport international Houari-Boumédiène par Rabah Baghali, vice-président du Conseil de la nation, ce déplacement a une fois de plus démontré la solidité des liens entre les deux pays. Au-delà du protocole, ces retrouvailles ont rappelé que l’amitié algéro-tunisienne ne date pas d’hier.
Elle s’est forgée dans l’épreuve, notamment lors du massacre de Sakiet Sidi-Youssef, où le sang des deux peuples a coulé ensemble sous les bombes coloniales.
Ce souvenir n’est pas un simple fait historique : il incarne une conscience partagée que le danger est commun et que la résistance doit l’être aussi. Aujourd’hui, cette solidarité se lit en chiffres. L’Algérie fournit chaque année à sa voisine près de deux milliards de mètres cubes de gaz, couvrant ainsi l’essentiel des besoins tunisiens en électricité, en GPL et en butane – environ 92% selon les données officielles.
Un taux d’intégration énergétique rare dans la région, qui prouve que la coopération dépasse les discours pour devenir un quotidien tangible pour des millions de Tunisiens.
Dans le même esprit d’équilibre et de respect mutuel, Alger reverse à Tunis environ 420 millions de dollars par an au titre des droits de transit du gazoduc traversant le sol tunisien. Ce mécanisme, parfois mal interprété par des voix malveillantes, illustre au contraire une relation gagnant-gagnant, débarrassée de toute logique hégémonique. Pour mémoire, des arrangements similaires liaient l’Algérie à d’autres voisins, mais c’est la constance et la clarté du partenariat avec la Tunisie qui frappent.
Face à cette réalité indéniable, quelques tentatives de discorde ont émergé ces derniers temps, essentiellement sur les réseaux sociaux ou dans certains cercles politiques tunisiens. On a ainsi vu des accusations infondées sur les contrats énergétiques, ou des critiques visant la position algérienne de non-ingérence – une constante de la diplomatie d’Alger. Ces attaques, souvent liées à des rivalités internes tunisiennes, cherchent à utiliser la carte algérienne comme un bouclier contre le président Kaïs Saïed. Mais elles échouent systématiquement face à la maturité des deux opinions publiques. Car les peuples algérien et tunisien savent pertinemment que leur avenir est lié. Ils refusent les chants de sirène de la discorde et préfèrent regarder vers les projets communs : échanges commerciaux, circulation des personnes, grands chantiers d’infrastructure, et cette volonté partagée de bâtir un Maghreb plus uni.
Les vagues de désinformation, aussi bruyantes soient-elles, viennent se briser sur le roc d’une confiance acquise au prix du sang et de décennies de coopération. En définitive, la visite de M. Derbali n’a fait que confirmer une évidence : les relations entre Alger et Tunis sont plus fortes que les tempêtes passagères.
Qu’il s’agisse d’énergie, de mémoire historique ou de vision stratégique, les deux pays avancent main dans la main.
Farid B.