Al ’occasion de la 28ᵉ édition du Salon international du livre d’Alger (SILA), une conférence-débat a mis en lumière les liens profonds et pluriels qui unissent l’Algérie et la Mauritanie. Spirituels, culturels, historiques et civilisationnels, ces liens ont été célébrés comme les fondations d’une fraternité durable et d’un héritage partagé.
L’universitaire mauritanien Mohamed Yahya Babah, de la Faculté des sciences islamiques d’Aïoun, a souligné les «fondements doctrinaux communs» entre les deux pays, forgés par des siècles d’interactions fructueuses. Il a salué le rôle des oulémas et imams dans la diffusion de la culture islamique, véritable socle de cohésion régionale.
Le poète et chercheur sahraoui Hamdi Uld Allal Uld Daf a, quant à lui, évoqué la culture comme front de résistance face à l’occupation coloniale.
Il a insisté sur la nécessité de préserver les éléments matériels et immatériels, langue, théâtre, poésie, chant, danse, qui constituent une «arme douce» contre toute tentative de spoliation identitaire.
Abdelmadjid Djaa, chercheur à l’Université de Tindouf, a proposé une lecture symbolique de l’espace Hassani, perçu comme une structure fédératrice entre les deux peuples. Il a mis en avant la richesse des systèmes culturels partagés, porteurs d’un parcours civilisationnel commun.
Enfin, El Hadj Ahmed Abdallah, de l’Université d’Adrar, a rappelé l’appartenance de figures illustres des deux pays à la Tariqa Qadiriya, soulignant une spiritualité transfrontalière qui renforce les liens humains et historiques. Cette rencontre, inscrite dans le programme du SILA qui se poursuit jusqu’au 8 novembre, a réaffirmé que la culture est non seulement mémoire, mais aussi résistance, dialogue et avenir partagé .
Amina S
Algérie–Mauritanie: Une fraternité culturelle enracinée dans l’histoire et la résistance

