La question de l’Algérie divise en France où une partie de la classe politique, l’extrême droite notamment, pousse au pourrissement. Mais dans les déclarations officielles, force est de relever que les autorités françaises prônent plutôt l’apaisement.
Entre les dernières déclarations du ministre de l’Intérieur français et la dernière sortie du président Emmanuel Macron, en passant par la visite du patron du Medef à Alger, Paris montre des signes positifs et affiche une volonté manifeste de reprendre les relations avec Alger et de faire baisser la tension.
En effet, ce 27 avril 2026, lors d’un déplacement à l’hôpital de Lavelanet en Ariège, Emmanuel Macron a déclenché une vive polémique en qualifiant de «mabouls» ceux qui souhaitent une rupture diplomatique avec l’Algérie. Le message est clair : la France ne veut en aucun cas la rupture avec l’Algérie.
La petite phrase de Macron a été lancée lors d’une discussion avec un médecin formé à Oran. Le président français déplorait la complexité du système pour les praticiens diplômés hors Union européenne qualifiant la situation de «folie du système français» avant d’ajouter : «Allez le dire à tous les mabouls qui disent qu’il faut se fâcher avec l’Algérie».
Les cibles de la pique présidentielle se situent dans l’extrême droite. D’ailleurs, l’ancien ministre de l’Intérieur, partisan d’une ligne dure face à Alger, s’est senti directement visé.
Les declarations du ministre de l’intérieur francais, à propos de la reprises de la coopération securitaire entre les deux pays s’inscrivent, elles aussi, dans le même registre.
Sur le plan économique également, la France veut reprendre la coopération. La dernière visite du président du Medef, Patrick Martin, achevé le 27 avril en Algérie, rentre dans ce cadre.
Elle marque un tournant symbolique après deux années de tensions diplomatiques et économiques.
Invité par Kamel Moula, président du Conseil du renouveau économique algérien (CREA), le patron des patrons français a plaidé pour une «diplomatie économique» capable de surpasser les blocages politiques. L’objectif central de ce déplacement était avant tout de rétablir le dialogue direct entre les organisations patronales des deux pays. Face à la perte de vitesse des entreprises françaises, dont la part dans les investissements directs étrangers est tombée sous la barre des 10% en 2025 au profit de l’Italie ou de la Turquie, Patrick Martin a exprimé sa volonté de contribuer à réchauffer les relations bilatérales.
Le CREA et le Medef ont convenu d’élaborer rapidement un programme de travail par filières industrielles, ce qui augure de la reprise prochaine du partenariat fondée sur le partage d’intérêts et la complémentarité, notamment face aux défis énergétiques et climatiques. Ainsi, Paris, le plus grand perdant de la dégradation des relations avec l’Algérie, multiplie les gestes allant dans le sens de l’apaisement.
Farid B.
Algérie-France: Paris multiplie les geste d’apaisement

