Sur fond de crise diplomatique entre l’Algérie et la France, la plus importante organisation patronale française effectue une visite à Alger, pour tenter de relancer le commerce entre les deux pays et de dissocier le dossier économique des questions politiques et diplomatiques.
En effet, le président du Mouvement des entreprises de France (Medef), Patrick Martin entamera, aujourd’hui, une visite de deux jours en Algérie à la tête d’une délégation restreinte, et ce à l’invitation à l’invitation du Conseil du renouveau économique algérien (CREA) que préside Kamel Moula.
Patrick Martin sera accompagné notamment du co-président français du conseil d’affaires algéro-français, Yannick Morillon, mais pas à la tête d’une délégation d’entreprises, a indiqué le Medef dans une déclaration à l’AFP. «Il s’agit d’établir un dialogue direct avec les entreprises algériennes et de redémarrer une coopération bénéfique pour les deux pays», a ajouté le Medef. Pour le patronat français, cette visite peut constituer une opportunité de relancer la coopération dans le domaine économique et commercial entre les deux pays qui traversent l’une des graves crises diplomatiques depuis l’indépendance.
Le président de la chambre de commerce algéro-française qui compte quelque 2 500 entreprises adhérentes dont 400 françaises, Michel Bisac, a qualifié la venue de président du MEDEF de «très bonne chose». Il espère qu’elle sera fructueuse et qu’on assistera à «une reprise normale de la relation économique» entre les deux pays.
La visite du MEDEF fait suite à la dernière visite de la présidente de l’association France-Algérie, Ségolène Royal, qui avait ouvertement encouragé le patronat français à renouer le contact avec son homologue algérien, appelant le président du Mouvement des entreprises de France à venir en Algérie.
Selon des indiscrétions, le programme de la visite du patron du Medef est très chargé.
Le déplacement prévoit des réunions techniques, des rencontres «BtoB» pour identifier des partenariats industriels. Une audience avec le Président de la République est également évoquée, mais elle n’est pas confirmée. Cette mission est perçue par les observateurs comme une étape déterminante pour instaurer un «nouveau départ économique» et offrir aux entreprises françaises un cadre d’affaires plus stable et prévisible .
Fateh H.

