Après le départ du rancunier ministre français de l’intérieur de Place Bauveau, l’espoir de voir l’Algérie et la France reprendre langue pour relancer les relations qui se trouvent au point mort depuis des mois, renaît de nouveau.
C’est en effet le successeur de Bruno Retailleau qui envoie un message en direction d’Alger, estimant indispensable la coopération entre les deux pays, soutenant que la voie des bras de fer et de l’escalade n’avait pas lieu d’exister, car inefficace.
«Ceux qui font croire aux Français que le bras de fer et la méthode brutale sont la seule solution, la seule issue, se trompent. Ça ne marche pas, dans aucun domaine», a déclaré Laurent Nuñez, interrogé par Le Parisien sur la relation Algérie-France.
Pour le ministre de l’intérieur, il suffit de constater que «le canal est totalement coupé aujourd’hui», pour se rendre à l’évidence que ce n’est pas la bonne voie. Entre les services de sécurité des deux pays, «il n’y a plus d’échanges d’informations opérationnelles», regrette-t-il encore, expliquant que parmi les conséquences de cette situation la non délivrance par les représentations diplomatiques algériennes de laissez-passer pour les OQTF. Ceci, bien qu’Alger a précisé à maintes fois que ces documents sont délivrés lorsque le canal habituel et la voie légale sont respectés par les autorités françaises. Bien entendu, la critique de Laurent Nuñez cible son prédécesseur qui a fait de «son» bras de fer avec Alger, un tremplin pour se mettre aux devants de la scène et attirer l’électorat de l’extrême droite en prévision de l’élection présidentielle de 2027. Retailleau a échoué et a fini par perdre son poste de ministre sans lequel, est réduit actuellement à un simple chef des LR sans aura. Sortir du piège de l’extrême droite
Quoi qu’il en soit, les canaux de dialogue peuvent être relancés dans les prochaines semaines entre Alger et Paris dont les relations se sont dégradées depuis l’été 2024, lorsque le Président Emmanuel Macron a reconnu «la marocanité» du Sahara occidental, suivi par la crise des diplomates de janvier 2025.
D’ailleurs, le ministre a révélé sans trop de détails que son homologue algérien Saïd Sayoud lui a écris. «Le ministre de l’Intérieur algérien m’a récemment écrit pour m’inviter», a-t-il déclaré.
Une invitation non encore confirmée en Algérie.
Intervenant dans un contexte de vote par l’Assemblée nationale française d’une résolution
RN visant à dénoncer l’accord franco-algérien de 1968, la main tendue de Nuñez trouvera-t-elle une suite? Difficile de le dire surtout que le gouvernement Lecornu n’a plus de cartes à faire valoir, puisque l’Algérie n’a plus besoin de la France mais bien le contraire, en particulier dans le domaine de la coopération sécuritaire. Pire encore, pendant que le système Macron sombrait sous la domination de l’extrême droite qui alimente le discours xénophobe, voire l’«algérophobie», l’Algérie elle, n’a pas cessé de diversifier ses partenariats et avançait sereinement dans sa coopération dans différents domaines avec de grands pays. Tenter maintenant la voie de la raison et la voix de la sagesse, pour sortir de ce piège, n’est-il pas un peu tardif ? Les prochains jours nous le diront
Farid B.
Algérie-France: Entre espoir et «tardive» main tendue !

