Alger : La République Sahraouie met en lumière la richesse de la culture hassanie

Dans le cadre de la manifestation « Alger, Capitale de la Culture Hassanie 2025 », la République arabe sahraouie démocratique (RASD) prend part à un événement culturel d’envergure, mettant en valeur un héritage unique façonné par des siècles de savoir, de lutte et d’identité. Organisée par le ministère algérien de la Culture et des Arts, en collaboration avec l’Union internationale des écrivains de la Hassaniya, cette manifestation prend fin ce lundi 23 juin au Palais de la Culture Moufdi Zakaria à Alger.
Le pavillon sahraoui, fruit d’une collaboration entre le ministère sahraoui de la Culture et l’Union des écrivains et journalistes sahraouis, expose une précieuse collection de livres, manuscrits et documents anciens témoignant de la richesse de la culture hassanie, ainsi que de la résilience du peuple sahraoui face à l’occupation marocaine.Parmi les trésors exposés figurent des manuscrits historiques d’une valeur inestimable, certains datant de plus de 300 ans.
D’autres, âgés de près d’un siècle, abordent des sujets variés : interprétations coraniques, législation propre à la société sahraouie, pédagogie traditionnelle et documents administratifs d’avant l’occupation. Ces ouvrages sont, selon le chercheur Mohamed Loud Moulay Lahcen, responsable des manuscrits au ministère sahraoui de la Culture, « des témoins vivants de notre histoire conservés dans les camps de réfugiés pendant 52 ans, malgré des conditions extrêmes, sans moyens ni infrastructures adéquates ».Il souligne l’engagement du ministère à protéger ce patrimoine, appelant les familles sahraouies détentrices de manuscrits à collaborer pour les préserver contre la dégradation, la falsification ou la perte.Le pavillon des livres met également à l’honneur la poésie en dialecte hassani, avec des recueils emblématiques comme Min yanabiê eth’thakafa (Des sources de la culture) du poète Ez’Zaim Allal El-Daf, Amdjad chaâb (Les gloires d’un peuple) d’El-Hussein Ibrahim, et Ôyoun thaïra (Des yeux révoltés) de la poétesse Khadidjatou Aaliyat.
Ces œuvres s’inscrivent dans un corpus littéraire engagé, mêlant mémoire collective, résistance et transmission.Des ouvrages académiques enrichissent également la collection, à l’image de Dirassat wa abhath fi edh’dhakira ech’chaâbiya (Études et recherches sur la mémoire populaire) et de Moussahama fi ettaârrof âla el maadhi ath’takafi li Tiris (Contribution à la connaissance du passé culturel du Tiris, Sahara Occidental). Khadidjatou Mahmoud Menou, membre du Bureau exécutif de l’Union des journalistes et écrivains sahraouis, précise que plusieurs publications présentées ont été récemment éditées en dialecte hassani grâce au soutien du Centre de recherches et de documentation du patrimoine sahraoui, en partenariat avec des maisons d’édition algériennes et d’autres pays amis.Pour la chercheuse Soumia Badi Abdellah, cette présence culturelle sahraouie à Alger est « une vitrine exceptionnelle offerte par l’Algérie pour faire rayonner notre culture, notre mémoire et notre lutte ». Elle cite en exemple le Salon international du livre d’Alger, devenu selon elle, « une large fenêtre vers le monde ».À travers cette exposition, la République sahraouie affirme sa volonté de défendre, transmettre et faire vivre une culture riche et enracinée, portée par un peuple en quête de liberté et de reconnaissance .

Amina.S