Affaire Rima Hassan: Quand la justice française érige le soutien à la Palestine en délit

Le 3 avril 2026, l’eurodéputée Rima Hassan a été interpellée à Paris et placée en garde à vue, avant d’être relâchée le soir même. Son procès, qualifié d’arbitraire par ses défenseurs, se tiendra le 7 juillet pour « apologie du terrorisme » une accusation liée à un message évoquant le militant japonais Kōzō Okamoto.
À l’origine de la procédure : des signalements du ministère de l’Intérieur et d’organisations comme la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme.
Pourtant, cette affaire dépasse très largement le cas personnel. Elle touche au cœur d’un débat politique et juridique essentiel : jusqu’où peut-on exercer sa liberté d’expression lorsqu’il s’agit de défendre une cause de libération nationale ?
Et surtout, qui détient le pouvoir de qualifier un acte ou un discours de « terrorisme » dans des conflits marqués par une occupation internationalement reconnue ?
Ce principe juridique et historique ne s’efface pas sous le poids des récits dominants.
Cela ne signifie nullement que toutes les formes d’action ou toutes les références historiques soient acceptables, la protection des civils demeure une limite intangible. Mais réduire mécaniquement toute expression de solidarité avec la résistance palestinienne à une « apologie du terrorisme », c’est mutiler une réalité complexe et déplacer le débat politique vers la seule répression pénale.
Dans ce climat, les poursuites engagées contre Rima Hassan apparaissent à ses soutiens comme un signal alarmant : celui d’un durcissement judiciaire systématique à l’encontre des voix pro-palestiniennes en France. D’où les accusations de « harcèlement judiciaire » et de « police politique » proférées par plusieurs responsables, dont Jean-Luc Mélenchon.
Plus inquiétant encore : la justice et les forces de l’ordre, soumises selon certains au diktat du CRIF, ont également trouvé le moyen d’accuser Rima Hassan dans une seconde affaire, aussi grossière que rocambolesque, portant sur une supposée détention et consommation de stupéfiants. Une manœuvre qui évoque, par son invraisemblance, l’absurde affaire de drogue montée de toutes pièces contre le président Maduro, illégalement enlevé par les États-Unis et retenu en otage avec son épouse.
Au fond, le cas Rima Hassan cristallise un affrontement bien plus large : celui qui oppose une lecture sécuritaire et répressive des prises de position politiques à une approche fondée sur le droit des peuples et la liberté d’expression. C’est précisément sur cette ligne de fracture que le procès du 7 juillet sera scruté, bien au-delà de la seule personnalité de l’eurodéputée.
Malik.M.