Addis-Abeba: L’Algérie laisse une empreinte forte sur la gouvernance africaine

Représentant le président Abdelmadjid Tebboune, le Premier ministre Sifi Ghrieb a participé à Addis-Abeba, en Éthiopie, à la 35e session du Forum des chefs d’État et de Gouvernement du Mécanisme africain d’évaluation par les pairs (MAEP), marquant la fin de la présidence algérienne de cette instance clé de l’Union africaine (UA). L’événement s’est tenu dans le cadre de la 39e session ordinaire du Sommet des chefs d’État et de Gouvernement de l’UA et du Sommet Afrique-Italie, avec des discussions centrées sur l’intégration économique, la paix, la sécurité et le développement durable du continent.
Lors de son allocution lue par M. Ghrieb, le président Tebboune a rappelé l’engagement constant de l’Algérie en faveur de l’action africaine commune et de la promotion de la bonne gouvernance sur le continent. Il a souligné que la présidence algérienne du MAEP, exercée depuis février 2024, a été marquée par des avancées structurantes, notamment l’adoption du Plan stratégique du MAEP pour 2025-2028, renforçant le professionnalisme, l’efficacité et l’intégrité du mécanisme. Cette période a également vu l’intégration de la e-gouvernance comme axe majeur, facilitant la modernisation des administrations publiques et l’adaptation des systèmes de gouvernance aux défis technologiques contemporains.
Le président Tebboune a mis en avant la contribution financière volontaire de l’Algérie, d’un million de dollars, qui a permis la réalisation de plusieurs évaluations nationales, dont celles de la Sierra Leone, du Zimbabwe et de Sao Tomé-et-Principe, ainsi que le soutien à la mise en œuvre des programmes d’action nationaux de pays comme le Mozambique, le Nigeria, Djibouti et la Namibie.
Ces évaluations ont permis de renforcer la coopération volontaire entre États, de partager les meilleures pratiques et d’encourager la responsabilité collective.L’Algérie a également réussi à élargir le champ d’action du MAEP en intégrant deux nouveaux membres : la République centrafricaine et la République fédérale de Somalie, portant le nombre total de participants à 45.
Ce dynamisme témoigne, selon Tebboune, de la confiance des États africains dans la valeur du mécanisme pour promouvoir la bonne gouvernance, la stabilité et le développement durable sur le continent.
Les travaux de cette 35e session ont été structurés autour de cinq grands axes : la démocratie et la
gouvernance politique, la gouvernance économique, la gouvernance d’entreprise, le développement
socio-économique et la résilience des États face aux chocs et catastrophes.
Les chefs d’État ont examiné les rapports nationaux et évalué les progrès réalisés, tout en identifiant les défis persistants, notamment dans les domaines de la paix, de la sécurité et du financement des réformes.
Le président Tebboune a insisté sur l’importance de la coopération continentale et de la concertation entre États, soulignant que le MAEP constitue un outil stratégique pour répondre aux défis africains par des solutions africaines, en respectant la souveraineté des États membres et en promouvant le multilatéralisme africain. Il a également salué le rôle du Forum pour faciliter le dialogue entre les institutions africaines, renforcer la prévention des conflits et assurer la résilience économique à travers des initiatives comme la création de l’Agence africaine de notation de crédit (AfCRA).
À l’issue de cette session, la présidence du Forum sera transférée à l’ pour un mandat de deux ans, avec la pleine conviction de l’Algérie que cette passation se fera de manière fluide et constructive.
Tebboune a affirmé que son pays restera un partenaire actif, prêt à partager son expérience et à soutenir l’Ouganda dans le renforcement des capacités des États membres, afin d’optimiser l’impact des programmes du MAEP sur la gouvernance et le développement africains. Cet engagement réaffirme la
position de l’Algérie comme pilier de l’action africaine commune, déterminée à promouvoir l’intégration,
la solidarité et la prospérité sur le continent. La présidence algérienne du MAEP se clôt ainsi sur un bilan ambitieux et concret, consolidant la crédibilité du mécanisme et la confiance des États africains dans ses capacités à transformer positivement la gouvernance et le développement durable en Afrique.
Fateh H.