La scène artistique parisienne vibrait, hier lundi 65 avril 2026, à l’unisson d’un jeune peintre venu d’Algérie. Installé à la prestigieuse galerie Les Filles du Calvaire, dans le 3e arrondissement, Abdelhak Benallou poursuit sa première exposition personnelle en France, Rouge, Vert, Bleu.
Un événement culturel marquant qui, jusqu’au 2 mai 2026, offre un regard neuf sur la figuration contemporaine.
«Rouge, Vert, Bleu ou plutôt RVB», précise l’artiste en souriant. Un clin d’œil direct au mode d’affichage des couleurs sur les écrans – ordinateurs, smartphones, téléviseurs –, comme pour annoncer l’ambition de son œuvre : capturer la lumière artificielle de notre hypermodernité.
Derrière ce titre programmatique, une dizaine de toiles d’un réalisme saisissant happent le regard. «La lumière artificielle me permet d’inventer des clairs-obscurs», confie Abdelhak Benallou.
À l’image de Georges de La Tour s’emparant de la bougie, l’artiste algérien a trouvé dans les lueurs froides des smartphones et des ordinateurs une manière d’éclairer notre monde contemporain. Formé à l’École supérieure des Beaux-Arts d’Alger, puis diplômé de l’École nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris en 2024, Abdelhak Benallou a très tôt été distingué.
Dès 2022, il est lauréat du premier prix de la seconde édition du Prix Sarr, du prix du portrait des Amis des Beaux-Arts et finaliste de la Bourse Révélations Emerige. En 2025, il reçoit le prix de la Fondation de France à l’occasion de l’exposition des Félicités des Beaux-Arts.
Autant de reconnaissances qui ne l’ont jamais détourné de son exigence première : une peinture lisible, accessible à tous. «Je n’aime pas quand la peinture devient une explosion de virtuosité», insiste-t-il. «Je veux que l’art demeure compréhensible par tout le monde».
Les cadrages de ses toiles, souvent serrés, empruntent au langage cinématographique, comme figés sur une séquence vidéo. Vues de loin, elles pourraient passer pour des écrans, prêts à s’animer.
Vues de près, elles dévoilent un héritage classique assumé : Van Eyck, Rembrandt, Vélasquez ou Ingres. Mais c’est bien la densité émotionnelle et la précision presque tactile de son regard qui retiennent l’attention. Ses portraits et natures mortes, jouant des contrastes entre zones claires et zones sombres, révèlent une attention minutieuse au réel, débouchant sur un réalisme pictural qui conserve toute sa part de mystère. Né en 1992 à Chlef, en Algérie, Abdelhak Benallou a traversé la Méditerranée porté par le rêve de devenir peintre. Ses études le mènent ensuite à Dunkerque, puis à Paris. Sa première exposition solo dans la galerie qu’il avait tant admirée à son arrivée dans la capitale témoigne de son parcours singulier, entre humilité et assurance.
Le Figaro le décrit comme «un peintre comme on n’en fait plus», épris des Anciens, se posant paisiblement hors du monde et des modes pour inventer un univers immobile sous la lumière bleue des écrans. «Rouge, Vert, Bleu» constitue ainsi plus qu’une exposition : une déclaration d’intention.
À l’heure où la lumière froide des écrans rythme nos vies hyperconnectées, Abdelhak Benallou l’élève au rang de sujet pictural, tout en rappelant la puissance intemporelle de la grande peinture.
Une œuvre qui rayonne, jusqu’au 2 mai, au 21 rue Chapon à Paris, offrant au public l’occasion rare d’assister à l’éclosion d’un talent promis à un brillant avenir .
Amina S.

