Seul perdant de sa politique de « chaise vide » adoptée depuis des années, le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), change de cap en prévision des échéances futures. Le parti pense déjà aux prochaines élections législatives et locales à une année de leur tenue.
C’est du moins ce que les participants à la 7ème session ordinaire du Conseil national du parti, organisée samedi à Alger, ont décidé à l’unanimité.
Dans la résolution politique ayant sanctionné les
travaux, le RCD affirme maintenir « sa mobilisation politique grâce à l’implication citoyenne et à un usage renforcé des espaces alternatifs de communication ».
« Dans cette perspective, un appel a été lancé pour renforcer les structures du parti, redynamiser les bases militantes et rééquilibrer la présence du RCD à travers toutes les régions du pays et au sein de la diaspora. Ce travail de terrain est indispensable pour préserver la cohésion et l’unité de l’organisation à l’échelle nationale », ecrit le parti de Atmane Mazouz.
Pour donner de la consistance à son travail de remobilisation, le RCD a décidé de la création de deux commissions stratégiques: La première est une Commission de réflexion sur les élections, « chargée d’analyser le contexte politique actuel et de préparer les prochaines échéances électorales », tandis que la deuxième et liée à la préparation de l’université
d’été du parti et « dont l’objectif est d’organiser un espace de formation et de débat destiné aux militants à l’occasion de la rentrée sociale ». La présidence des deux commissions a respectivement, été, donnée à Mohamed Labdouci , secrétaire national chargé aux élections et Sofiane Salah , secrétaire national
chargé à la formation.
Le parti qui s’érige en « force de proposition », tout en réaffirmant « son attachement indéfectible à une Algérie démocratique, plurielle et inclusive, fondée
sur la reconnaissance de toutes ses composantes
culturelles et historiques », affiche désormais la couleur.
Plus jamais de « chaise vide ». Absent des Assemblées élues locales et surtout de la chambre basse du Parlement, l’Assemblée populaire nationale (APN), après avoir boycotté les dernières élections législatives, le RCD a vu sa voix devenir presque inaudible ces
dernières années. Une situation qui « a négativement impacté les structures locales et découragé les jeunes militants à rester dans ses rangs sans perspective politique », nous dit un membre du Conseil national, sous
couvert d’anonymat. Le RCD, ajouta-t-il, « a énormément perdu des espaces en particulier à Tizi-Ouzou et à Bejaïa, deux wilayas dominées par le FFS », son principal « frère ennemi » de la mouvance démocratique.
En adoptant à l’unanimité cette résolution politique qui annonce explicitement la participation du parti aux
élections prévues en 2026, le RCD espère redonner très vite de l’envie et de la volonté aux militants, dans
l’espoir d’accéder aux assemblées élues. À la fin des
travaux, le RCD a réaffirmé « sa détermination » à lutter « pour une Algérie libre, juste et démocratique » n
l Farid B.

