ONU : l’embargo américain contre Cuba ravive les tensions diplomatiques

L’assemblée générale des Nations unies a été le théâtre, mardi, d’un vif échange entre les représentants des États-Unis et de Cuba, entraînant une suspension temporaire des débats lors de l’examen d’un projet de résolution appelant à la levée de l’embargo américain imposé à l’île. Ce texte est présenté chaque année par La Havane depuis 1992. Selon des médias internationaux, les tensions ont éclaté lors de l’intervention de l’ambassadeur américain auprès des Nations unies, Mike Waltz, qui défendait la position de Washington, opposée au projet de résolution, tout en dénonçant ce qu’il a qualifié de répression exercée par le gouvernement cubain contre ses citoyens.

Le ministre cubain des Affaires étrangères, Bruno Rodríguez, a alors interrompu son discours pour contester ses propos, se dirigeant vers le pupitre des orateurs et demandant l’arrêt de son intervention.
Mike Waltz a réagi vivement en déclarant : «C’est l’ONU, pas votre dictature communiste. Vous ne pouvez pas me faire taire», avant d’appeler Bruno Rodríguez et la délégation cubaine à s’éloigner. De son côté, le ministre cubain lui a lancé : «Vous êtes un menteur», accentuant davantage la confrontation entre les deux parties. Face à l’escalade verbale, le président de séance a décidé de suspendre brièvement les débats, demandant aux représentants des deux pays de regagner leurs places.

La séance a ensuite repris, permettant à l’ambassadeur américain de poursuivre son intervention.
Cette confrontation intervient dans un contexte d’intensification des pressions américaines sur Cuba, à travers des mesures comprenant un blocus pétrolier et de vastes sanctions économiques, dont les conséquences ont lourdement affecté l’économie du pays. La Havane accuse Washington d’exercer des pressions inédites sur les États membres pour les inciter à voter contre la résolution appelant à la levée de l’embargo américain. L’année dernière, le texte avait obtenu 165 voix favorables, contre sept oppositions et douze abstentions, soit son plus faible soutien depuis près de vingt ans. Le vote de cette année est attendu dans un contexte de tensions croissantes entre les deux pays n.

M. M.