Le Conseil de sécurité de l’ONU tiendra aujourd’hui, mercredi, une séance publique d’information sur «la situation au Moyen-Orient, y compris la question palestinienne». Les discussions devraient notamment porter sur l’expansion des colonies israéliennes et la montée des violences des colons
israéliens en Cisjordanie occupée, y compris à Jérusalem-Est, ainsi que sur la poursuite des violences et de la crise humanitaire dans la bande de Gaza.
Le vice-coordinateur spécial de l’ONU pour le processus de paix au Moyen-Orient et coordinateur résident, Ramiz Alakbarov, ainsi que le haut représentant du Conseil de paix pour les affaires de Gaza, Nickolay Mladenov, doivent présenter des exposés devant le Conseil, aux côtés d’un représentant de la société civile. La séance publique sera suivie de consultations à huis clos.
La question de la colonisation en Cisjordanie devrait occuper une place importante dans les discussions, après la publication, le 18 août, par les autorités israéliennes d’appels d’offres pour la construction de 1 234 logements, sur les 3 401 unités déjà approuvées dans la zone E1, située entre Jérusalem-Est et la colonie de Maale Adumim.
Cette zone, d’environ 12 kilomètres carrés, est considérée comme stratégique pour la continuité géographique entre le nord et le sud de la Cisjordanie.
Le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a exprimé sa « profonde inquiétude » face à ces nouvelles mesures de colonisation. Plusieurs pays européens et occidentaux ont appelé au retrait immédiat des projets concernant la zone E1, estimant qu’ils compromettent les perspectives d’une solution à deux États et la continuité territoriale palestinienne. Ils ont également réaffirmé que les colonies israéliennes en Cisjordanie sont illégales au regard du droit international.
Les membres du Conseil devraient également examiner la hausse des
violences commises par les colons israéliens. Selon l’ONU, plus de 1 430 incidents impliquant des colons ont été recensés depuis le début de l’année 2026, faisant des blessés et causant des dégâts matériels dans quelque 260 communautés palestiniennes. Alakbarov a indiqué que 76 Palestiniens, dont 18 enfants, avaient été tués en Cisjordanie entre le début de l’année et le 10 août par les forces israéliennes ou des colons. Il a souligné que les poursuites contre les auteurs de violences de colons restent rares et averti que la situation contribue à une « annexion de fait » de la Cisjordanie.
À Gaza, les discussions devraient également porter sur la poursuite des violences malgré le cessez-le-feu entré en vigueur en octobre 2025.
De son côté, la présidence palestinienne a appelé mardi le Conseil de sécurité à se réunir d’urgence afin d’assumer ses responsabilités juridiques et politiques et de prendre des mesures contraignantes pour mettre fin aux attaques israéliennes contre les bureaux et institutions de l’ONU à Jérusalem et à Qalandia.
Elle a notamment demandé la protection des installations de l’UNRWA afin qu’elles puissent continuer à fournir leurs services aux réfugiés palestiniens conformément au droit international.
La présidence palestinienne a dénoncé une politique israélienne qu’elle qualifie de systématique, visant les Palestiniens, leurs institutions et leurs droits nationaux.
Elle a également condamné les opérations militaires, les arrestations, les démolitions, les déplacements de population, les violences des colons, les confiscations de terres et l’expansion des colonies.
Elle a appelé la communauté internationale à appliquer les résolutions pertinentes de l’ONU, notamment la résolution 2334 du Conseil de sécurité, et à mettre fin aux mesures jugées illégales, afin de préserver la solution à deux États et parvenir à la création d’un État palestinien indépendant sur les frontières de 1967, avec Jérusalem-Est pour capitale. Enfin, l’ONU a dénoncé mardi les menaces israéliennes d’expulser des habitants de certaines zones de Gaza d’où seraient lancés des cerfs-volants, des drones et des ballons. La porte-parole du Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme, Ravina Shamdasani, a qualifié ces menaces de « discours inacceptable », estimant qu’il était « scandaleux » de menacer d’expulser des enfants pour avoir lancé des cerfs-volants.
Malik.M.
La Colonisation et la violences au cœur des débats: L’ONU examine la situation en Palestine
