Les accidents impliquant des autobus reviennent avec une régularité troublante dans l’actualité algérienne. Celui d’Oued El Harrach, survenu en août 2025, avait profondément marqué l’opinion par son bilan macabre : dix-huit morts et vingt-huit blessés. Près d’un an plus tard, le 31 juillet dernier, un nouveau drame s’est produit à Boumerdès, faisant cette fois vingt-huit victimes et une quarantaine de blessés. Deux tragédies séparées de quelques mois à peine, qui ont fini par imposer une réponse à la mesure de l’urgence.
Face à cette série noire, les pouvoirs publics ont choisi de prendre le problème à bras-le-corps en s’attaquant directement à sa source : la vétusté du parc automobile. Une réglementation stricte impose désormais le retrait de la circulation de tous les bus âgés de plus de vingt-cinq ans. Pour accompagner cette transition sans fragiliser un secteur économique entier, l’État a mis en place un dispositif de crédit destiné aux professionnels du transport souhaitant investir dans des véhicules neufs, via la Banque extérieure d’Algérie.
Ce mécanisme de financement s’adresse aux transporteurs de voyageurs, qu’il s’agisse de personnes physiques ou morales, à condition qu’ils soient détenteurs d’une attestation d’éligibilité délivrée par le ministère de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports, et qu’ils disposent de l’ensemble des autorisations d’exploitation requises par la réglementation en vigueur.
S’agissant des conditions de remboursement, le crédit peut s’étaler sur une durée maximale de dix ans, incluant une période de différé qui ne saurait dépasser six mois après la mobilisation des fonds. La première échéance devra être honorée neuf mois après l’obtention du financement, les remboursements suivants s’organisant ensuite sur une base trimestrielle.
Un remboursement anticipé, total ou partiel, reste par ailleurs possible à tout moment.
Sur le plan financier, les bénéficiaires pourront couvrir jusqu’à 90% du prix d’achat toutes taxes comprises du véhicule, moyennant un apport personnel minimal fixé à 10% de ce même montant. Le taux d’intérêt appliqué s’élève à 5,5%, calculé uniquement sur la somme effectivement mobilisée.
Le montage du dossier suppose la réunion de plusieurs pièces justificatives : demande de financement signée, attestation d’éligibilité, registre de commerce, carte nationale d’identité biométrique, certificat de résidence, ainsi qu’une facture pro forma couvrant le bus et son assurance.
Reste à savoir si ce dispositif incitatif suffira à convaincre l’ensemble des professionnels du secteur de franchir le pas, dans un contexte où le renouvellement du matériel roulant demeure, pour beaucoup d’entre eux, un investissement lourd à assumer.
A. G.
Bus de plus de 25 ans: L’État met en place un crédit pour financer leur remplacement
