Pour venir à bout du phénomène de l’immigration clandestine, le gouvernement algérien déclare la guerre aux passeurs. Une réunion de coordination a été tenue, hier, sous la présidence du ministre de l’Intérieur, regroupant différents intervenants dans le cadre de cette lutte et a débouché sur une série de recommandations.
«Le ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports, Saïd Sayoud, a présidé dimanche, une réunion de coordination consacrée à faire un état des lieux de lutte contre l’immigration clandestine, et au suivi des différentes mesures et démarches mises en œuvre dans ce cadre», a indiqué le même département, expliquant qu’au cours de la rencontre, « le ministre a donné une série d’instructions et de directives visant à renforcer la coordination entre les différents services concernés et à intensifier les efforts déployés pour endiguer ce phénomène, notamment le long du littoral pendant la saison estivale».
Objectif affiché : «freiner les activités des réseaux de passeurs et démanteler toutes les formes d’organisation des migrations clandestines, tout en assurant un suivi continu du problème et la mise en œuvre des mesures nécessaires». Plus clair que ça, il n’y en pas.
En clair, toutes les personnes impliquées dans ce trafic qui met en danger la vie de jeunes algériens, attirés par «la vie facile» de l’autre côté de la Méditerranée, sont désormais averties.
Les services de sécurité intensifieront, sans doute, dans les prochains jours, les opérations coup de poing contre les réseaux de passeurs, à travers les wilayas côtières, comme Oran, Annaba, Boumerdes, Alger ou encore Mostaganem, pour n’énumérer que celles-ci, souvent citées dans des comptes-rendus de lutte contre ce phénomène.
En pratique, il s’agit, entre autres d’intensifier les patrouilles et les contrôles tout le long du littoral, en plus du démantèlement ciblé des réseaux de passeurs, en neutralisant leur logistique, le tout dans une étroite coordination entre l’ensemble des corps de sécurité, en collaboration avec les autorités locales, dans un partage de renseignement plus fluide.
Ces nouvelles orientations et instructions interviennent au moment où l’autre voisin de l’Ouest, est accablé par les pays européens pour sa gestion catastrophique de l’immigration clandestine, en particulier après les évènements dramatiques de Ceuta, lorsque près 72 000 marocains avaient tenté de traverser l’enclave. Plusieurs d’entre eux avaient d’ailleurs péris dans la traversée.
Pour l’Algérie, il est par contre, question d’endiguer ce phénomène tout en accordant une attention particulière aux droits des candidats à l’immigrations clandestine.
L’Algérie «intègre une dimension éminemment humaine dans sa gestion de la migration irrégulière», a souligné dans ce sens Saïd Sayoud, rappelant les moyens financiers importants débloqués pour garantir un accès garanti aux soins médicaux pour les migrants.
Ainsi, après la guerre déclaré aux «gangs» des quartiers dans le milieu urbain, voilà que les autorités s’attaquent aux passeurs sur les côtes algériennes. Ces derniers sont avertis !
Farid B.
SaÏd Sayoud tient une réunion de coordination sur l’immigration clandestine: Guerre déclarée aux «passeurs» !
