Escalade au Moyen-Orient: Téhéran prêt à étendre le conflit régional

Le Guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, a déclaré hier mercredi que l’Iran vivait actuellement une phase de résistance «épique et sans précédent dans l’histoire» face aux États-Unis et à l’entité sioniste, qu’il a qualifiés de «deux armées terroristes mondiales».
Ces propos interviennent dans un contexte de fortes tensions régionales après plusieurs semaines d’affrontements militaires et diplomatiques. Dans un message relayé par les médias iraniens, le dirigeant a affirmé que son pays avait démontré sa capacité de résistance pendant la «guerre de 40 jours» ainsi qu’au cours des événements qui ont suivi. Selon lui, cette situation historique impose désormais une responsabilité encore plus grande à l’ensemble des responsables politiques iraniens, du Guide suprême jusqu’aux dirigeants des différentes institutions de l’État. Il a également insisté sur la nécessité pour les autorités iraniennes de répondre aux préoccupations de la population, notamment concernant la situation économique, le coût de la vie et les difficultés sociales auxquelles les citoyens sont confrontés.
À l’occasion du deuxième anniversaire de la mort du président iranien Ebrahim Raïssi, décédé dans un crash d’hélicoptère le 19 mai 2024 dernier dans le nord-ouest de l’Iran, M. Khamenei lui a rendu un hommage en le qualifiant de dirigeant «responsable et populaire».
Il a souligné son attachement à la jeunesse, à la justice sociale et à une diplomatie active fondée sur les intérêts nationaux de l’Iran. Par ailleurs, le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) a averti que toute nouvelle «agression» des États-Unis ou d’Israël contre l’Iran pourrait provoquer une extension du conflit au-delà du Moyen-Orient.
Dans un communiqué publié par son organe officiel Sepah News, le CGRI a affirmé que l’Iran n’avait pas encore utilisé toutes ses capacités militaires malgré les attaques subies.
Le communiqué ajoute que «les Iraniens sont des hommes de guerre» et que la puissance du pays se démontrerait «sur le champ de bataille et non dans des déclarations creuses ou sur les réseaux sociaux».
De son côté, le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a averti sur le réseau social X qu’une reprise de la guerre contre l’Iran pourrait entraîner de nouvelles pertes importantes pour les États-Unis. Il faisait référence à un rapport du Congrès américain publié le 13 mai dernier, selon lequel 42 appareils militaires américains avions, hélicoptères et drones auraient été perdus ou endommagés lors des opérations menées contre l’Iran. Ces déclarations surviennent après l’offensive israélo-américaine lancée le 28 février et le cessez-le-feu conclu le 8 avril. Des pourparlers de paix organisés à Islamabad les 11 et 12 avril n’ont cependant pas permis d’aboutir à un accord durable.
Malgré les efforts diplomatiques, les tensions restent très élevées. Le président américain Donald Trump a déclaré avant hier à la Maison Blanche qu’une nouvelle attaque américaine contre l’Iran pourrait intervenir dans les prochains jours si aucun accord n’était trouvé.
Ainsi, la situation entre l’Iran, les États-Unis et Israël demeure extrêmement fragile, tandis que les risques d’une escalade militaire régionale continuent d’inquiéter la communauté internationale.
Malik M.