Samedi, au Palais de la Culture Moufdi-Zakaria, la ministre de la Culture et des Arts, Malika Bendouda, a présidé la cérémonie d’ouverture des festivités du mois du patrimoine, placées sous le slogan évocateur «Notre patrimoine… Notre civilisation».
L’événement s’est déroulé en présence du ministre de la Communication, du directeur du Centre des études stratégiques globales, de représentants du ministère des Affaires étrangères, ainsi que de nombreux responsables d’établissements et institutions relevant du ministère de la Culture et des Arts.
Dans son allocution, Malika Bendouda a souligné que cet événement annuel constitue «un moment privilégié de réflexion sur l’héritage de nos ancêtres», un héritage qui a permis à l’Algérie de traverser les épreuves et de préserver son identité.
Évoquant le contexte international, elle a affirmé que, dans un monde marqué par l’instabilité et le recul des valeurs, le patrimoine demeure un repère solide. Insistant sur son rôle fondamental dans la consolidation de l’identité nationale, elle a mis en avant la reconnaissance croissante de l’Algérie en tant que carrefour de civilisations. «Cette richesse culturelle est à la fois une fierté et une responsabilit », a-t-elle déclaré.
La ministre a ensuite annoncé plusieurs initiatives majeures. La création d’un Festival d’art rupestre, présenté comme «une nouvelle contribution de l’Algérie au patrimoine universel», mettra en lumière le génie créatif de l’homme algérien à travers les âges.
Elle a également révélé que le programme de cette édition du mois du patrimoine comprend plus de 2 120 activités réparties sur l’ensemble du territoire national, visant à renforcer la protection et la valorisation du patrimoine.
Sur le plan intellectuel et international, le mois du patrimoine sera marqué par une dynamique de haut niveau, incluant des rencontres consacrées à la pensée de saint Augustin, un colloque sur les manuscrits, ainsi que des sessions de formation destinées aux professionnels chargés de la protection du patrimoine.
Par ailleurs, Malika Bendouda a annoncé une réforme ambitieuse du secteur muséal, indiquant que la vision évolue «d’un modèle de conservation vers un modèle d’impact», avec pour objectif de faire des musées des acteurs sociaux, économiques et numériques.
Dans ce cadre, elle a confirmé le lancement de projets pour la création de dix musées publics nationaux, dont un musée dédié au théâtre algérien, une première dans le pays. À l’échelle internationale, l’Algérie poursuit ses démarches auprès de l’UNESCO pour faire reconnaître plusieurs éléments de son patrimoine matériel et immatériel, allant des itinéraires historiques aux savoir-faire traditionnels.
La ministre a également mis en avant «la synergie entre l’État et les citoyens» dans la préservation de la mémoire collective.
Elle a ainsi salué la récente donation de M. Koudir Benchikou au profit de deux musées nationaux, une initiative qu’elle a qualifiée de reflet d’un engagement profond envers l’identité nationale.
A. S.
Patrimoine et identité: L’Algérie célèbre sa mémoire et annonce une réforme muséale d’envergure

