Les conditions de détention des prisonniers politiques sahraouis se dégradent de manière continue dans les prisons marocaines, selon plusieurs témoignages et rapports documentés.
Les détenus font face à des violences ciblées, à des privations de soins et à des conditions de vie qualifiées d’inhumaines.
Depuis le 31 mars, plusieurs détenus, dont les étudiants Salah Eddine Essabar et Ibrahim Babit, incarcérés à la prison d’Aït Melloul 1 à Agadir, ont entamé une grève de la faim illimitée.
Leur action vise à dénoncer l’isolement prolongé, la promiscuité avec des détenus de droit commun et le manque d’accès aux soins, des pratiques fréquemment utilisées pour briser psychologiquement les prisonniers politiques tout en diluant leur statut.
Le Collectif des défenseurs sahraouis des droits humains dénonce une politique systémique de privation des droits fondamentaux : interdiction de poursuivre des études, pressions constantes sur les détenus et leurs familles, et obstacles à l’accès aux soins.
L’organisation appelle à une intervention urgente de la communauté internationale, qui reste pour l’instant sans réponse tangible. Certains cas illustrent des pratiques particulièrement préoccupantes.
À la prison de Tiflet 2, Sidi Abdullah Ahmed Sidi Abah, membre du groupe de «Gdeim Izik», subirait depuis plus de huit ans un isolement quasi total, privé de soins médicaux et de droits élémentaires.
Selon des sources concordantes, l’administration pénitentiaire aurait orchestré une agression contre lui en instrumentalisant un autre détenu afin de justifier des sanctions disciplinaires.
Ces pratiques, combinant privation et manipulation, s’apparentent à un traitement prolongé dégradant aux conséquences physiques et psychologiques graves.
Dans ce contexte, l’absence de mécanismes internationaux de surveillance dans les territoires occupés du Sahara occidental laisse le champ libre à ces abus, qui se répètent et deviennent structurels.
Parmi les prisonniers les plus emblématiques, Naâma Afari, porte-parole durant la protestation de «Gdeim Izik» en 2010, a accordé un entretien depuis sa cellule à Kénitra, soulignant son engagement total envers le Front Polisario et la lutte pour la libération du peuple sahraoui, malgré les conditions extrêmement difficiles de sa détention.
M. M.
Sahara occidental: Détérioration des conditions de détention des prisonniers politiques

